Vétérinaire aux armées ( suite)

6 novembre : Oulchy la Ville – Fère en TardenoisNous repassons à la Vème armée. Départ à 8 heures, arrivée à 11 heures. Notre popote est installée chez Mr Meyer boulanger où je loge avec le lieutenant Wanbergue. Ville charmante où nous retrouvons tout le confort dont nous étions privés depuis plusieurs mois.
 Gustave Devraine nous a laissé quelques photos du lieutenant Wambergue qu’il semblait beaucoup apprécier. Le Lieutenant Wambergue passionné d’aviation demandera plus tard son détachement dans l’Aviation et se tuera au cours d’un exercice pour former de jeunes recrues.
 

  J. Wambergue  sur Maghreb

                

20 novembreNous retournons avec le lieutenant Wambergue[i] à Oulchy le Château voir notre camarade Soufflet que nous avons laissé à l’ambulance. Je le trouve très mal (fièvre typhoïde).


[i]Détaché dans l’Aviation en 1916 est mort à 27 ans en Italie alors qu’il entraînait des jeunes pilotes d’escadrilles.
27 novembre Nouveau voyage à Oulchy le Château. Soufflet est hors de danger
1er décembre Les maréchaux fêtent la Saint Éloi, ils m’offrent une pipe en souvenir. Je dois aller manger avec eux le soir.

19 Décembre 1914 il écrit à ses parents :

Chers Parents

Je vous transmets la carte que j’ai reçue de Suisse, peut-être pourrais-je avoir des nouvelles d’Albertine par ce moyen. Il y a un grand mouvement de troupe en ce moment Je crois qu’il y aura prochainement du nouveau et qu’on pourra rapidement déblayer le Nord. J’ai hâte de partir d’ici où je m’ennuie depuis 6 semaines, d’autant que c’est plein de typhoïde, on en enterre deux ou trois tous les jours. Heureusement qu’il ne fait pas froid, car avec la vie que mènent les malheureux fantassins dans les tranchées, il n’y aurait bientôt plus de soldats.

Mr Blanchard va probablement venir vous rejoindre ou rester dans un dépôt, il ne faut pas qu’il se fasse d’illusion car on prend tout le monde. Il n’a qu’à demander à venir avec moi il ne sera pas malheureux.

Je suis bien content quand Anne-Marie et Max m’écrivent une petite lettre, il faut les faire écrire souvent.

Je vous envoie aussi la nouvelle adresse à laquelle il faudra m’écrire quand j’aurai quitté Fère en Tardenois.

Je vous embrasse ainsi que les enfants.

Gustave

Ses vœux sont exaucés, sa fille Anne Marie lui écrit à Fère en Tardenois

22 décembreNous sommes toujours à Fère où je m’embête de plus en plus. Je n’ai plus de goût à rien ; j’ai écrit à Driencourt le 23 novembre par Lausanne, par Pontarlier-Bâle, par Maëstricht, par La Haye. Aucunes nouvelles.
Il paraît que nous avons remporté une victoire importante en Alsace (?)
 
 
 
Toujours à Fère en Tardenois une photo de Gustave Devraine avec les Lieutenants Marquet et Wambergue laisse entrevoir le mal-être de Gustave.

Gustave Devraine Lieutenant Marquet Lieutenant Wambergue

25 décembreOn doit reprendre l’offensive sur toute la ligne ; pourvu que la Somme soit débloquée, c’est tout ce que je demande.
En deux jours j’ai abattu trois chevaux qui avaient une fracture.
Hier messe de minuit, réveillon.
17 janvier 1915Souvenir d’un anniversaire bien triste.
(Il s’est marié à Driencourt avec Albertine Lemaire le 17 janvier 1906)
 
Une photographie prise à Fère en Tardenois en janvier 1915 montre Gustave Devraine à cheval en compagnie de l’adjudant Catherine, du maréchal des logis Bégard, du brigadier fourrier Gohier, du maréchal des logis Loiré, du maréchal des logis Dupont ,du maréchal des logis SaintMartin ,du maréchal des logis Malochard et du maréchal des logis Warin appartenant tous au C.V.A.D.69.
 
16 février Suis allé voir mon ami Jaffeux à Maast et Violaines
21 février Retourné voir mon ami Jaffeux, passé l’après-midi ensemble
AvrilEn avril il est toujours à Fère en Tardenois et adresse le 9 avril 1915 une photographie légendée.

Le 19 avril 1915 il envoie une carte montrant une grande réunion festive 

éunion à Fère en Tardenois avril 1915

6 mai il adresse à sa famille une carte postale : « C’est la 3è photo que je vous envoie. Vous me verrez, je monte un cheval noir, je suis 3è derrière le cheval blanc. Nous partons jeudi matin pour Coincy, nous reculons de 10 kms.
Je vous embrasse tous.
Gustave »
9 mai Nouvelles d’Albertine par Alfred Melotte.
Sommes à Coincy, avons quitté Fère le 6 mai. Suis logé chez le docteur Bour.
Fin du carnet

Juin 1915Gustave Devraine est à Coincy photographié au milieu de ses maréchaux
Juillet 1915il est promu au grade de Vétérinaire Aide Major de 2ème classe.
25 octobre 1915sa mère Marie Appolyxène Mascré-Devraine décède à Limours
juin 1916 il est à Lizy/Ourcq avec le Capitaine Meyer, le Lieutenant Wetzel et l’Officier d’Administration Gelhayer.
 

A quelques kilomètres de là en bordure de la forêt de Monceaux une photo prise à Germigny l’Évêque reste mystérieuse faute d’annotations sur les personnages.

Germigny l’Evêque juin 1916

La dissolution du C.V.A.D. ¾

Les éléments de la 27ème compagnie (dissoute en août) sont à Quimperlé en septembre 1916 où ils ont rejoint le dépôt du 2e escadron du Train.

Quelques photos du marché de Quimperlé, des costumes locaux, avec une pointe d’humour pour la photo légendée du Capitaine Boisseller.

Étant semble-t-il en réserve, l’encadrement de la 27ème peut se rendre à quelques kilomètres de là au Pouldu au bord de l’océan Atlantique avec Mr et Mme de Coëtlogon. Une photo non exploitable nous apprend que les chevaux et mulets s’abreuvent à la Laïta (nom breton) qui prend naissance à Quimperlé et se jette dans l’océan Atlantique 17 kms plus loin, au Pouldu,

Photos prises au Pouldu

 . En septembre 1916 l’adjudant SOUFFLET adresse « à son ami veto » cette carte souvenir « avant la séparation à Limoges en septembre 1916 ».

Les vicissitudes du Service Vétérinaire en campagne

En consultant les Journaux des Marches et Opérations des Armées concernant le Service Vétérinaire on peut mesurer les difficultés rencontrées à tous les niveaux de la hiérarchie pour l’organisation de celui-ci.

Pendant la campagne de 1914 les causes de morbidité et de mortalité ont été principalement dues au début de la guerre, au travail ininterrompu, à la longueur des étapes (nuit et jour) au rationnement et à l’abreuvement irrégulier des chevaux.

 Au surmenage et aux blessures diverses est venue s’ajouter une mauvaise gestion des évacuations.

En effet il avait été nécessaire de créer des dépôts pour permettre soins et récupération des chevaux en mauvais état, dépôts dont la répartition n’était pas toujours en phase avec les nécessités et vicissitudes des opérations militaires.

A toutes ces difficultés se sont greffées des maladies contagieuses :

  • La morve : qui cause des lésions pulmonaires  mène à l’abattage de l’animal si elle n’est pas traitée précocement. L’adoption de la malleination intra-palpébrale permet de confirmer le diagnostic et de mettre en quarantaine les animaux atteints. Il est important de déceler rapidement tout animal atteint notamment le cheval « de prise » (cheval fait prisonnier comme son cavalier) (les chevaux allemands étaient semble-t-il souvent atteints) et éventuellement de l’abattre à la moindre suspicion pour enrayer la propagation de la maladie.
  • La gale qui sévit, ne peut être éradiquée compte tenu de la mobilité des animaux suivant les nécessités militaires, de l’utilisation de locaux et de wagons ayant abrité des animaux atteints par la gale, du manque de personnel  plus ou moins qualifié pour tondre, traiter, laver les chevaux.

Les vétérinaires affectés aux dépôts sont confrontés au grand nombre d’animaux malades et/ou blessés et doivent prendre des décisions rapides et parfois drastiques pas toujours appréciées des militaires tributaires de la cavalerie.

Les vétérinaires qui officient au sein de la troupe se partagent entre les différents régiments et parcourent parfois de longues distances pour surveiller le bon état des chevaux, leurs conditions de vie, qualité du rationnement et de l’abreuvement. Ils sont responsables de la Maréchalerie et doivent concilier les impératifs militaires et la nécessité de garder en bonne condition les chevaux quelle que soit la situation.

 Ils sont tributaires des stratégies militaires et peuvent changer d’affectation du jour au lendemain selon les besoins. .  

  •  En ce qui concerne l’Armée d’Orient, notons que du delta du Vardar jusqu’au bassin de Monastir le paludisme est un fléau. De janvier à septembre 1916 on relève dans la seule armée française plus de 16000 cas.
  • La mission de prophylaxie antipaludique mise en œuvre en avril 1917 réussira à faire chuter en 1918 les cas de paludisme à moins de 600.[i]

Les vétérinaires ont aussi en charge l’inspection des viandes destinées à la troupe. Nous avons retrouvé une note de service du 27 novembre 1917 relative à la distribution de viande congelée d’importation dont voici un extrait :


La suite du texte et les méandres de la hiérarchie sont assez révélateurs des difficultés rencontrées par le vétérinaire en bout de chaîne, sur le terrain, en plein conflit ! .

« Toutes les parties défectueuses ou douteuses de la viande dont il s’agit seront bien entendu soigneusement éliminées des distributions. Ces défectuosités ne se trouvent d’ailleurs sauf exception que sur la partie superficielle des morceaux qui seront parés en conséquence et sur les amas de graisse intérieurs qui seront enlevés s’il y a une trace d’altération.

D’autre part, les corps de troupe devront prendre des soins particuliers pour le transport et la manipulation de ces viandes.

            Il est recommandé tout spécialement :

  • 1° de transporter les viandes en les suspendant dans les voitures ou, si la suspension est impossible, en les plaçant sur des linges propres renouvelés chaque jour.
  • 2° de laisser la viande se décongeler lentement dans un lieu où l’air se renouvelle facilement et évitant de la placer près du feu.
  • 3° d’enlever si besoin est, au moment de la cuisson par un léger lavage à l’eau froide, les souillures accidentelles dont la viande aurait pu être atteinte en cours de transport.
  • 4° d’enlever par un parage complémentaire, les parties contenant un aspect douteux après lavage à l’eau et essuyage avec un linge propre.
  • 5° de faire cuire la viande aussitôt que possible après la décongélation complète.

                                                                                                            P.O. Le Chef d’État-Major

                                                                                                                              Signé TISSIER

à M. l’Intendant Mre directeur de l’Intendance du C.R.P.

  • Direction de l’Intendance du C.R.P.
  • 2° bureau
  • N° 14309. /2
  • Notifié pour avis et exécution en ce qui le concerne le cas échéant à Mr le Sous-Intendant militaire à Versailles A
  •         Paris, le 30 novembre 1917
  •       L’intendant militaire directeur
  • P.O. Le Sous-Intendant militaire
  •                              Signé BRUHAT

Sous-Intendance A de Versailles

  • 30.605
  • Copie conforme notifiée à Monsieur l’Officier d’Administration Principal
  • Gestionnaire du service des subsistances de Versailles
  • Versailles, le 1er décembre 1917
  •          Le Sous-lieutenant militaire
  •                         Signé : TUSQUES

Subsistance militaire

  • Copie conforme notifiée à Monsieur l’Adjudant LEFORT.
  • Prière de communiquer cette dépêche à Mr le Vétérinaire et d’afficher l’exemplaire à la porte du local aux distributions.
  •   Versailles, le 2 décembre 1917
  • L’Officier   d’administration Principal gestionnaire : »
  •  

Pour la petite histoire l’État-major décida de doter chaque unité du régiment de « Ravitaillement en viande fraîche » d’un emblème spécifique. Benjamin Rabier fut le gagnant du concours avec une vache hilare qui fut surnommée « Wachkyrie » allusion satirique aux « Valkyries » emblèmes des transports de troupe allemands. Cette « Wachkyrie » est l’ancêtre de notre « Vache qui rit ».

Nous avons également consulté un des cahiers de suivi des chevaux de Gustave Devraine.
Le « clou de rue » souvent mentionné dans ce cahier implique la pénétration d’un objet tranchant ou pointu par la face solaire du sabot entraînant au mieux boiterie au pire une infection sévère

Des photos montrent tout l’intérêt de Gustave Devraine tant pour les hommes que pour les chevaux

bonhomme avec Captivante
Captivante
Maréchal des Logis Bégard
Bonhomme avec nénette

Polo avec Gustave Devraine

Le front dans la région de Chaulnes-Saint-Quentin

La carte suivante est tirée de « L’Atlas des Fronts européens » édité par Le Pays de France comprenant 56 cartes.

Il est facile de constater que Péronne est sur la ligne de front et Driencourt, dont est originaire Gustave Devraine, à quelques kilomètres au nord-ouest. C’est là au début de la guerre qu’Albertine Devraine enceinte est, avec sa plus jeune fille Jeanne, restée auprès de ses parents Mr et Mme Lemaire.

L’Armée d’Orient

12 novembre 1916 : Gustave Devraine passe au 8ème régiment d’Infanterie Coloniale en campagne au Moyen Orient[i].

Du camp de Valbonne à Salonique

Dans l’Historique du 8ème Régiment d’Infanterie Coloniale pendant la Grande Guerre 1914-1919 édité en 1920 par l’Imprimerie Mouton & Combe, 2 rue de l’Ordonnance à Toulon [ii] nous apprenons qu’après la bataille de la Somme le régiment a été transporté au camp de La Valbonne près de Lyon, pour repos, instruction et réorganisation. Il rentre dans la composition de la 16ème Division d’Infanterie Coloniale destinée à l’Armée d’Orient.

4 décembre 1916 : Embarquement de Gustave Devraine sur le Laomédon cargo anglais de 6693 tonnes appartenant à la Blue Funnel Line, réquisitionné pour le transport de troupes vers Salonique.

Traversée non sans danger puisque le 3ème régiment d’infanterie coloniale a perdu une partie de ses effectifs le 26 février 1916 lorsque la Provence a été torpillée en mer ionienne.

Le 10 décembre il est à Salonique, journée marquée par la rencontre mémorable avec le Roi Pierre 1er de Serbie

A l’arrivée à Salonique (ou Thessalonique), il faut s’organiser au camp de Zeitenlick, passage obligé des régiments débarqués dans le port de Salonique.

Ce camp situé à quelques kilomètres au nord-ouest de Salonique s’appelle aujourd’hui Stravopouli.se trouve à quelque Nord-Ouest de Salonique. L’endroit s’appelle se trouve dans la

 Il a été décrit comme un endroit désertique, malsain, sans un arbre, ce qu’on peut constater sur la photo ci-dessous.

Décembre 1916 Zeitenlick G. Devraine à droite

Le 8ème R.I.C. y bivouaque du 22 décembre au 26 décembre 1916

Dans son carnet de campagne le soldat Pierre Beau[i] en parle en ces termes : 

 « Le camp est immense et s’étend d’un côté et de l’autre à perte de vue. Il contient les dépôts intermédiaires de toute arme, Français, Anglais, Italiens, les camps de concentration des prisonniers allemands, bulgares et autrichiens…. Il est situé sur une hauteur d’où l’on domine une partie de Salonique et la rade et dans le lointain, lorsque la brume a disparu, le Mont Olympe. »

Gustave Devraine n’a laissé aucun écrit sur cette période mais on peut imaginer  ce qu’il a vécu au travers du récit de Gaston Nitzer [ii]

« Dans le quartier turc, situé sous la citadelle de la partie haute, la ville prend animation. Tout le genre masculin est coiffé du fez et porte pantalon bouffant, veste courte, ceinture de couleur. Les Turcs cossus sont habillés à l’européenne. Leurs complets de bonne coupe sont complètement déparés par cet affreux fez rouge absolument comparable à un pot de fleur renversé. Peu de femmes voilées. Presque chaque maison a son moucharabieh ou balcon surplombant la rue et complètement clos, jalousies en bois découpé permettant aux habitants de voir sans être vus.

Quelques boutiques de marchands de légumes et de fruits. Les savetiers exercent leur métier sur le trottoir. Quelques passants quittent leurs chaussures pour les faire réparer et attendent.

Vers le centre de la ville se trouve le bazar composé de plusieurs rues couvertes d’une toiture. Il y fait sombre. Les magasins quoique petits y sont bien tenus et beaux et garnis de belle marchandise, bijouterie, draperie, mercerie, quincaillerie, cordonnerie, etc., etc. Chaque rue ou partie de rue a sa spécialité. »

Salonique en décembre 1916 est une ville cosmopolite où se côtoient les troupes françaises, anglaises, italiennes, russes, ainsi que les annamites, les arabes, les malgaches et les sénégalais.

Véritable tour de Babel où les juifs parlent l’espagnol, les musulmans le turc, auxquels s’ajoutent roumains, serbes, bulgares, tziganes et tchèques. »

Voici Salonique comme l’a vue notre grand-père :  

les quais
le port

La Tour Blanche vue des quais, quartier résidentiel adopté par l’État-Major, où l’on voit de superbes villas à l’allure de palais

 Le quartier du Vardar, quartier des prostituées :

Marcel Bolotte médecin militaire arrivé à Salonique en octobre 1916 le décrit ainsi dans son carnet de guerre

« Il n’y a presque que des maisons de prostitution, avec, de temps en temps, une maison de gens quelconques (quelles maisons !) enclavée entre deux bouisbouis. »

La rue Egnatia  (découlant de la via Egnatia route Trans balkanique créée sous l’empire romain)

Un campement tzigane

Marcel Bolotte le découvre ainsi

« Après le quartier du Vardar, on traverse un vieux cimetière, plein de stèles tombées et de plaques de marbre cassées, et l’on retrouve un terrain habité par des gens sans aucun rapport avec les juifs, les Turcs, ni les Grecs d’ici. Ce sont des tziganes, à l’allure plutôt sympathique, peaux bistrées, yeux noirs, longs cils ; vêtements la plupart du temps en loques, et des nuées de gosses d’ailleurs gracieux, vous poursuivant d’une voix à l’inflexion extrêmement caressante pour vous dire : donne-moi des sous, zoli Capitaine ! Et des flatteries, et por la Francia ! Tout ce qu’ils peuvent trouver pour retirer de l’amusement et de la générosité des visiteurs quelques pièces de monnaie. »

Gitane dansant pour le photographe

Le 21 décembre 1916 Gustave Devraine est à Topsin camp retranché au nord de Salonique, [i]situé sur la rive du Vardar, fleuve des Balkans traversant la Macédoine yougoslave et se jetant dans le golfe de Salonique.

Les Français protègent la rive du Vardar qui fait face aux forces bulgares, rive protégée par un double rang de barbelés et défendue par l’artillerie.

De Salonique à Spantza

Le 26 décembre 1916 le régiment se met en route pour Spantza. Après avoir traversé Semli et Verria il arrive le 28 à Yenidje-Vardar

Entre Salonique et Monastir, s’étend la plaine de Yenidje-Vardar.

 De Yenidje-Vardar, petite ville turque d’environ 10 000 habitants Gustave Devraine nous a laissé quelques souvenirs : la route de Monastir et le panneau Topcin ou Topsin., la mosquée…

Sur la route de Monastir





ur la route de Salonique à Monastir non loin de Yenidje-Vardar, il s’est arrêté pour photographier les femmes à la fontaine.

Fontaine Alexandre

Après avoir traversé Vertekop et Vladovo le régiment arrive le 1er janvier 1917 à Ostrovo.

Bords du lac

Il se dirige  ensuite vers Spantza, village situé à l’ouest du lac d’Ostrovo et à 2 kms de la voie ferrée Salonique – Monastir, où il arrive le 3 janvier 1917.

La carte ci-dessous tirée du numéro 129 du « Pays de France » 5 avril 1917, reprend les opérations en Orient (« d’après les Communiqués officiels »)

Elle permet de voir l’itinéraire suivi de Salonique à Monastir., le fleuve Vardar qui, à Salonique, se jette dans la mer Egée et la boucle de la Cerna ou Tzerna qui sera l’enjeu d’une bataille.

Dans ce même numéro, ironie du sort ou de l’actualité, est détaillée l’entrée des Anglais à Péronne dont Gustave Devraine est sans nouvelles, avec ce commentaire :

 « Les Anglais trouvèrent Péronne que les Allemands venaient d’abandonner, dans un état indescriptible. Elle a été saccagée à fond. » Et commentant les photos « A gauche : un pont donnant accès à la ville et que les Boches ont détruit ; il a fallu franchir le fossé sur une planche. A droite : le célèbre château de Péronne, dans lequel ils avaient accumulé les immondices. Une des grosses tours est écroulée dans le fossé ».

Spantza 4 janvier – 13 mars 1917

Le 8e R.I.C. appartenant à la 16e Division d’Infanterie Coloniale, nous avons pu retracer son parcours grâce au Journal des Marches et Opérations de la 16è D.I.C..

En voici un extrait :

 « Le régiment réorganisé depuis le 22 décembre sur le pied de type alpin comprend :

Trois bataillons comprenant chacun 3 compagnies d’infanterie et une de mitrailleuses à 4 sections.

L’effectif d’une compagnie est de 200 hommes environ.

L’ordre de bataille est le suivant :

Chef de Corps : Colonel SAVY

Adjoint au Chef de Corps : Lt-Colonel DEHOVE

Capitaine Adjoint : KATZ DE WARENS

Officier d’Approvisionnement : Lieutenant ACQUAVIVA

Officier de Détails : Lieutenant VOURDON

1er Bataillon : Chef de Bataillon FRENÉE

2è Bataillon : Chef de Bataillon CHEVALIER

3é Bataillon : Chef de Bataillon MAILLES

La 16ème D.I.C.est constituée :

4ème Brigade : 4e et 8e R.I.C.

32e Brigade : 37e et 38e R.I.C.

A partir du 4 janvier toute la 16e D.I.C. bivouaque ou cantonne dans la région d’Eksisou, le long de la grand route N-S de Monastir à Kosani, route bordée sur presque toute sa longueur par une série de marais mi asséchés »[i]

Spantza petit village turc malpropre les photos de Gustave Devraine nous donnent une idée de ce que pouvait être la vie au camp.


Spantza le camp février 1917

Les compagnons d’arme cités : l’aspirant DASQUE [i], le lieutenant MOREAU, PUIFOULLOUX[ii], le sous-lieutenant GUINOT [iii],le capitaine GIMEL[iv], l’aumônier PÉNAVERT et l’ordonnance PERRIN ainsi que les maréchaux du 8e R.I.C.

La première occupation : la construction de la cagna :


La vie quotidienne s’organise : construction d’un brasero avec une boîte de Végétaline

mise en route du « moulin à café

éance d’épouillage

soin des chevaux et mulets

détente avec les compagnons d’arme

vue générale du camp :

l’environnement :

1er mars 1917 journée exceptionnelle : Grande tempête de neige, paysage en noir et blanc

les activités du 8è R.I.C.  :

Sous la direction du génie les pistes muletières qui vont de Spantza à Ecksisou où siège le P.C. sont empierrées  et aménagées pour permettre le passage des camions de ravitaillement ; les mulets sont mis à rude épreuve et les maréchaux-ferrants aussi par la même occasion.

Autre travail pour chevaux et mulets, l’évacuation des blessés, leur transport en cacolet dans ce secteur accidenté

quelques scènes du quotidien

A Ecksisou (Ekchisu) le P.C. du Colonel Savy

PC du Colonel Savy

Au quotidien les compagnies luttent contre le froid et s’entraînent aux marches et exercices en pays de montagne ; le ravitaillement s’effectue relativement facilement compte tenu de la proximité de la voie ferrée qui facilite les corvées d’achats de vivres à Salonique.Le 13 mars 1917 le régiment quitte Spantza pour se rendre dans la région de Monastir.

Mouvement vers Monastir

Du 14 au 16 mars il bivouaque à Zabjani village à 8 kms au sud de Monastir. Le régiment participe à la Bataille de la cote 1248, tentative pour dégager Monastir. .Attaque du 20 mars 1917 :Explosions, fuites des familles serbes, longues files de prisonniers bulgares,, c’est le panorama classique des coups de force de part et d’autre.

Famille fuyant Monastir et prisonniers bulgares
Cavaliers serbes nos alliés

Monastir  (aujourd’hui Bitola)       Base de repos« De notre campement même, on l’aperçoit établie au pied des montagnes, avec ses hauts minarets et les dômes de ses mosquées, se détachant nettement sur le fond sombre des hauteurs qui la dominent. Elle fait ainsi vraiment une belle impression, cette ville qu’un poète au nom inconnu appelait l’autre jour : la porte d’or de la Serbie. »

La ville est assez endommagée par les tirs d’obus subis.

Dans son carnet de guerre Marcel Bolotte nous donne ses premières impressions sur le Dragor et sur la ville de Monastir.

« Un endroit assez curieux : le Dragor, qui traverse la ville, en passant sous une multitude de petits ponts de bois, il y en a tous les cent mètres.

 Un quartier turc, un quartier juif, naturellement. De petites échoppes, des souks couverts, mais tout cela est fermé, triste, noir et lamentable. En temps ordinaire, ce doit être amusant comme tout de se promener là-dedans. Mais en ce moment, on sent l’abandon, la misère aussi »

Pont sur le Dragor

Toujours curieux de son environnement Gustave Devraine fixe sur la pellicule les « victimes » du conflit, ces civils qui fuient ou contemplent les désastres de la guerre.

familles serbes :

familles macédoniennes :

Mouvement vers la boucle de la Cerna

Début avril 1917 le régiment quitte la région de Monastir et se dirige par étapes successives vers le secteur de la Boucle de la Cerna.

            La 16e D.I.C. est regroupée avec la 17e D.I.C. sous les ordres du Général LEBOUC ; elle prendra part à la Bataille de la Boucle de la Cerna dans laquelle sont impliqués et alliés : français italiens, russes et serbes.

Le 8 avril le régiment est à Sakulevo (Grèce). C’est une large vallée éventée, glaciale en hiver.

Arrivée à l’étape

C’est le jour de Pâques, la messe est largement suivie par les officiers et la troupe.

Le 9 il est à Slivika (Serbie), la région est montagneuse et aride. :Le camp russe

Le 10 il sera au col de la Vratta où il bivouaque. Le 23 avril Gustave Devraine écrit à son fils Max  âgé de 8 ans: :

Le régiment travaille à l’aménagement de la piste qui va de SLIVICA sur la Cerna à CEGEL Q.G. de la Division et au col de la VRATTA. Il restera un an dans la région. Quels souvenirs a gardé Gustave Devraine de cette région ?

A Negokani (Negocani) il immortalise les fêtes entourant Pâques :

Du côté de Slivika, il observe les femmes faisant la lessive

 Il nous montre que les dromadaires étaient également à la peine, mais ne donne aucun renseignement sur les soins qu’il lui fallait leur prodiguer.

Compagnie de mitrailleurs en marche :

Pont sur la Cerna, affluent du Vardar :

Petit répit :

Sur la route de Monastir il s’arrête à la gare de Florina, passe à Resna

Au-dessus de Florina il va à Neveska (aujourd’hui Nympheo village touristique) et dont l’environnement en 1917 était beaucoup moins attrayant, voire inhospitalier ;

Il passe également à Gorsko  (non identifié non localisé à ce jour).


Il photographie au cours de ses déplacements un « char » macédonien

Le 19 avril 1917 Ernest Puifoulloux lui écrit au 8ème R.I.C. Secteur 513 la carte ci-jointe qui montre leur intérêt commun pour la photographie :

« A moins qu’il n’y ait  des blessés aujourd’hui même, la smala se porte bien. La relève a été dure et j’ai copieusement crié contre l’hybride qui était ce jour-là d’un amorphisme sans égal. C’était long ,long .La situation est moins délicate qu’on ne l’avait dit : 8 heures de marche, 12 heures de travail intense et mon groupe est organisé. Il y a de belles vues à prendre mais…les grenades et les torpilles tombent trop copieusement encore.Je vais les laisser se calmer. Les Italiens ont raflé les « souvenirs »,il n’y a guère que des éclats….Nous avons des trous comme vous en avez vu au-dessus de Slivica. Nous les mitrailleurs nous avons un élément de tranchée de 15 à 20 m.  je vais faire prolonger ça. Mr Bourrel tel l’ursus cavernum est seul sous un rocher énorme ! hier je fus le voir à 20 heures il n’avait plus de vin et dégustait un verre d’eau (simplex) avec un sourire que vous imaginez. Très cordialement. Puifoulloux. »

Toutefois il ne faut pas oublier que nous sommes en guerre, et le contexte dans lequel la 16e D.I.C. évolue au début de l’année 1917.

L »armée d’Orient après avoir aidé l’armée serbe à se reconstituer est alors dans la phase qui consiste à fixer les troupes des empires centraux et celles des Bulgares.

La bataille de la Boucle de la Cerna a pour objectif de retenir sur le front d’Orient les éléments allemands qui y sont engagés.

Au 1er avril les trois groupes d’artillerie de la 16e D.I.C. forment le 209e Régiment d’Artillerie de Campagne.

Par l’Historique du 209e R.A.C. [i] nous avons l’organisation du front dans le secteur de la Cerna en avril 1917 :

            Division italienne : de la branche Ouest de la Cerna aux Pitons Rocheux exclus.

            16e D.I.C. : des Pitons Rocheux au Ravin d’Orlé

            Division russe : du Ravin d’Orlé à la branche Est de la Cerna.

Le secteur dévolu à la 16e D.I.C. s’organise ce qui implique un transport des munitions dans cette région montagneuse à dos de mulets ou chevaux ; la cavalerie est donc très sollicitée. Tout le mois d’avril est consacré à cette tâche pour constituer les parcs de munitions.

 Le 209e R.A.C. fait état de la perte de 500 chevaux suite aux rigueurs de l’hiver, au travail intensif fourni et à une alimentation défectueuse.

            Les 6,7 et 8 mai sont consacrés à la préparation de l’attaque.

            Le 9 mai à 5h30 l’attaque générale est déclenchée sur tout le front de la Cerna, attaque tout d’abord couronnée de succès mais rapidement contrée.

Le 11 mai une attaque partielle est lancée sur les Pitons Rocheux, attaque également déjouée par l’ennemi.

L’offensive est abandonnée et la 16e D.C.I. reçoit l’ordre d’étendre son front jusqu’au secteur russe et d’organiser défensivement le terrain.

Notre grand-père n’a pas assisté à cette bataille ayant été en permission le 30 avril.

Départ en permission de Salonique à Limours

Cette note d’hôtel prouve le séjour à Salonique en attendant l’embarquement.

Le 3 mai il est allé au cinéma Pathé dont le programme trouvé dans les archives de la famille confirme combien Salonique était une véritable tour de Babel

Il se promène dans Salonique, est le témoin le 6 mai 1917 d’une tentative de « Proclamation de la République 

Eleftherios Venizélos premier ministre, vient de créer son gouvernement à Salonique et se désolidarise du roi Constantin 1er qui règne à   Athènes..   En effet Venizelos est partisan de la triple entente (France , Russie, Empire britannique) alors que Constantin 1er est favorable aux empires centraux (Allemagne et Autriche). Gustave Devraine prend quelques photos

se balade sur le port avant d’embarquer le 8 mai sur le Mustapha II (Le Mustapha II, 105 mètres de long sur 15 de large s’appelait avant la guerre le Théodore Mante. Il appartenait à une CieMarseillaise et faisait le service de l’Algérie. Il fut débaptisé lors de l’affaire Mante réquisitionné par le Ministre de la Marine et transformé en croiseur auxiliaire. Il est armé de 4 canons et de glissières lance grenades). pour rentrer en France.

Le paquebot Théodore-Mante de la Compagnie de Navigation Mixte est devenu en 1917 le Mustapha II, a été réquisitionné et affecté aux transports de troupes vers Salonique.

Nous avons retrouvé le carnet de bord de notre grand-père ce qui permet de l’accompagner dans ce retour vers la France.

« Permission de 15 jours du 30 avril 1917 au 15 mai 1917 »

8 mai

Embarquement à 7 heures à bord du Mustapha II, ancien Théodore Mante reconverti en croiseur auxiliaire. Départ 11 heures. A 17 heures en vue de Cassandre.   Alerte sous -marin à 1200 m par tribord découvert par le torpilleur Carabine qui l’attaque à la grenade.

9 mai

Arrivée à 11h à l’île de Milo (ou Milos) ; relâche jusqu’à 17 heures. Moulins à palettes très curieux.

10 mai

Arrivée à 7 heures à Navarin. Monument commémoratif de la bataille du 20 octobre1827.

20 octobre 1827 : la ville de Navarin (aujourd’hui Pylos, dans le Péloponnèse) alors détenue par l’Empire Ottoman est prise aux Turcs par la flotte de la Triple-Alliance (Royaume-Uni, France, Russie). Cette victoire navale ouvre la voie à l’indépendance de la Grèce effective deux ans plus tard.

11 mai

Arrivée à 9 heures île de Corfou. Départ à 18 heures. Le bateau italien Brasile qui nous accompagne se jette dans les filets qui défendent l’entrée. Halte on retourne dans la baie pour y passer la nuit.

12 mai

Séjour. A 17 heures ½ faux départ. Deux sous- marins signalés.

13 mai

On descend à terre sur la côte d’Albanie. A 18 heures départ ;

14 mai

Arrivée à Tarente à 9 heures. Débarquement 4 heures.

Départ en chemin de fer à 19 heures

photos illustrant ce périple


Une photo du pont arrière du Mustapha II
Une autre photo du pont montrant que les militaires portent en permanence leur gilet de sauvetage, précaution indispensable  car le risque de torpillage est  toujours présent à l’esprit suite à la perte  du Provence II torpillé par le sous-marin allemand U35 le 26 février 1916, naufrage qui fit 1000 victimes.

Pour appréhender l’atmosphère de cette traversée il faut lire : « En route vers Salonique avec Elie Burnod de l’Armée d’Orient (avril-mai 1917) » « hi!@

Le 9 mai escale sur l’île de Milo

Le 11 mai arrêt à Corfou où les petits marchands grecs et albanais proposent leurs articles avant l’accostage.

Faux départ suite à des problèmes de sécurité  avec pour conséquence un stationnement à Corfou jusqu’au 12 mai après-midi. Le 13 mai escale sur la côte albanaise

Instantané de la vie quotidienne

Après le débarquement à Tarente port du sud de l’Italie le voyage se poursuit en train le 14 mai. Étape à la gare de Caserta,  (Italie) attente impatiente du train du retour

Il semble être passé par Naples et Rome d’après le document ci-dessous.

Le 18 mai il est à Vintimille comme l’atteste le document du Permissionnaire de l’Armée d »Orient.et il n’arrivera à Limours dans sa famille que le 24 mai 1917.  La permission est pour ainsi dire terminée quand il  revoit sa famille.

Retour sur le Front de France

De Péronne à Nubécourt

Le 18 juin 1917 Gustave Devraine est affecté au dépôt du 22ème Régiment d’Artillerie de Campagne (22e R.A.C.). Entre temps il a réussi à aller à Péronne (80) sa ville sinistrée dont il nous a laissé ces témoignages :

En juillet 1917 il est promu Vétérinaire Aide major de 1ère Classe par décret présidentiel du 20/07/1917 pour prendre rang le 15/07/1917. (J.O. Du 22/07/1917). En décembre 1917 il est affecté à l’État-major de la 26è D.I., cette dernière appartenant au 13è Corps d’Armée de la 1ère Armée. Par le journal des Marches et Opérations (J.M.O.) de la 26e D.I. Nous savons que l’E.M. et la C.H.R. du 121e R.I. vont de Maison du Val à Nubécourt pour l’aménagement des cantonnements de première urgence. Gustave Devraine a laissé un témoignage de ce passage.

Le 121ème régiment d’infanterie

Le 24 décembre 1917 Gustave Devraine est affecté au 121e R.I.

L’Historique du 121e R.I. nous apprend que le 3 février la 26e D.I. dont fait partie le 121e R.I. (51e brigade) doit relever la 25e D.I. et s’embarque pour la région de Verdun.. Dans le secteur de Bezonvaux l’atmosphère est empestée par les obus toxiques et les régiments ne peuvent y rester que quarante jours environ avant d’être relevés. Dans cette région nord de Verdun c’est la désolation, ce ne sont que ruines et dévastation : troncs d’arbres calcinés, cratères, multiples ossements humains apparents, l’enfer sur terre.

Le 121e R.I. est un régiment prestigieux qui s’est illustré par sa bravoure. Après sa brillante conduite dans la bataille de la cote 304 (Verdun) en août 1917, au cours de laquelle il a subi de lourdes pertes, il a été cité à l’Ordre de l’Armée et s’est vu attribuer la fourragère aux couleurs de la Croix de guerre.

Les photos de Gustave Devraine montrent son attachement pour ce régiment et sa fierté

Le drapeau du 121e R.I.

Le service vétérinaire du 121e R.I.
Le bureau vétérinaire
La forge du 121e R.I.

Il exprime son admiration pour cet artiste du 121e R.I., joueur de bourrée en Auvergne qui a confectionné son « violon » entièrement à la main sur un vieux bidon et son archet avec une baguette et du crin de cheval.

Il fixe pour la postérité la Musique du régiment
 
et un rassemblement avec, à droite au premier plan l’aumônier du régiment

  Le 121e R.I. en ce début d’année 1918 est dans le secteur de Verdun, la guerre est omniprésente puisque le front se retrouve situé dans un paysage déjà labouré par les tirs d’obus. Gaz toxiques et ypérite sont à l’ordre du jour ce qui suppose pour les hommes et les chevaux le port du masque, situation inconfortable ; régulièrement un passage par la « chambre à gaz » permet de vérifier que l’efficacité des masques est toujours réelle.

Il est très difficile de retracer l’itinéraire de Gustave Devraine entre février 1918 et juin 1918.Par photos interposées nous savons qu’en mars 1918 il est au Chêne Gossin

Il est à Verdun Rive gauche à Bois Saint Pierre en mars 1918

Gustave Devraine
Il photographie la cuisine roulante du 121e R.I.
Il nous donne une idée du Train du 121e R.I.
Les photos en notre possession sont prises dans le secteur de Verdun, cette carte[i] donne un aperçu du périmètre dans lequel il évoluait.


Douaumont spectacle lunaire
Domrémy

Du 15 au 30 mars 1918 il est en permission comme l’atteste le document signé par le Lieutenant-Colonel Bourg.Le 18 mai 1918 il est affecté au 331e Régiment d’Artillerie Lourde : extrait du Journal des Marches et Opérations de ce régiment 

Voici l’appréciation du Lieutenant-Colonel Bourg commandant le 121e R.I. que Gustave Devraine quitte en mai 1918 :

« Très bon chef de service, actif, dévoué et très consciencieux. Très bon technicien qui rend de précieux services et maintient les équipages du Régiment en excellent état. Bon camarade très sympathique qui a su conquérir l’estime affectueuse de tous. »

Retour dans la Somme avant la Meuse et Verdun

Les 20 et 21 mai le 331e R.A.L. cantonne à Foucaucourt. Gustave Devraine se trouve dans la Somme sa région (Foucaucourt est à une dizaine de kilomètres de Péronne) et voici le témoignage qu’il nous a laissé : Les 20 et 21 mai le régiment cantonne à Foucaucourt.

Lihons (80) Église détruite, désolation



Le 3ème groupe du 331e R.A.L. fait mouvement et séjourne à Varney une partie du mois de mai et jusqu’au 23 juin.

Abreuvoir à Varney

Le 24 juin ils sont à Issoncourt et le 25 à Mondrecourt . Gustave Devraine se trouve à Issoncourt en compagnie d’Etienne Moncourt.

Le 28 juin 1918 le 3ème groupe du 331e R.A.L. est dissous et devient le 1er groupe du 301e R.A.L. toujours sous le commandement du Chef d’escadron Voinot, le 301 R.A.L étant sous l’autorité du Lieutenant-Colonel Mahieu.

Le 28 juin 1918 le 3ème groupe du 331e R.A.L. est dissous et devient le 1er groupe du 301e R.A.L. toujours sous le commandement du Chef d’escadron Voinot, le 301 R.A.L étant sous l’autorité du Lieutenant-Colonel Mahieu.

Voici la nouvelle affectation de Gustave Devraine :

Par le J.M.O. du 301e R.A.L. 1Er groupe nous retrouvons la composition de l’État-Major.

Chef d’Escadron VOINOT Commandant le groupe

Vétérinaire A.M.de 1ère classe DEVRAINE chef de service

Médecin A.M. de 1ère classe MAYET chef de service

Lieutenant DUDOIGNON Valade officier d’Antenne

Ss Lieutenant ETIENNE officier téléphoniste

Ss Lieutenant CHATRY officier orienteur

Adjudant HELIE faisant fonction d’officier d’approvisionnement

2 sous-officiers, 36 brigadiers et canonniers.

Les chevaux sont au nombre de 34 pour l’État-Major, 83 pour la 1ère Batterie, 77 pour la 2ème Batterie et 72 pour la 3ème Batterie.

Le 19 juillet 1918 l’État-Major est à Vraincourt où sont cantonnés des noirs américains appartenant probablement à la 1ère armée américaine dont le 301e R.A.L. fait partie.

Arrivée des noirs américains à Vraincourt

Le 28 juillet le 301e R.A.L. cantonne à Bauzé.

Le 29 juillet il est de nouveau à Varney qu’il quitte le 12 août pour cantonner à Jubecourt.Le 31 août le 301e R.A.L. 1Er groupe est à Clermont en Argonne dévastée.

Et le groupe Voinot (1er groupe) est au nord de Parois (aujourd’hui rattachée à Clermont en Argonne)

En août et septembre 1918 Gustave Devraine est au Camp du Bois le Comte.

Vallée de la Cousances

Pause-cigarette avec les compagnons de guerre

Le sous-lieutenant Raymond et le sous-lieutenant  Chatry

Ces moments de détente pourraient nous faire oublier la guerre omniprésente.

Le 26 septembre la 1ère armée américaine attaque sur tout le front entre l’Argonne et la Meuse, intense activité entre le 26 septembre et le 14 octobre où les troupes américaines lancent une nouvelle attaque.

Les photos désolées de Bois Firmin, de l’Étang de Vaux et de Verdun sont là pour nous rappeler les horreurs de cette « Grande Guerre ».


La Patte d’Oie d’Argonne

Étang de Vaux

Avion allemand

Toujours curieux Gustave Devraine fait un « reportage » sur le matériel de guerre qu’il rencontre au gré de ses  déplacements pour la visite et l’entretien des chevaux.

Le Crapouillot mortier de tranchée
Pièce de 105 long
Pièce de 105 long

Les canons de 105 long et court ont été développés en 1913 par le colonel De Bange et fournis par les Établissements Schneider.

Pièce de 105 long
Pièce contre avions

le service de santé :

Le Train d’artillerie ANNE

Les avions allemands

La Défense anti aérienne

Ces photos sont prises au gré de ses déplacements pour la surveillance et le soin des chevaux auxquels il consacre toute son attention quelles que soient les circonstances.

Le 27 octobre 1918 le vétérinaire Devraine est évacué pour maladie.

Dans le relevé de notes le concernant le Lieutenant-Colonel Mahieu Commandant le 301e Régiment d’Artillerie Lourde donne l’appréciation suivante :

« A continué à se dépenser sans compter pour assurer son service. Actuellement en traitement pour surmenage dans une formation sanitaire »

Le 11 novembre 1918 l’armistice est déclaré.

Les soldats ne sont pas pour autant démobilisés.

La guerre n’est pas terminée

 Le 11 décembre 1918 il est affecté au 1er régiment de Cuirassiers par décision ministérielle du 11 décembre 1918.

Le 23 décembre 1918 Gustave Devraine arrive au Corps.

Le régiment qui a vaillamment combattu dans la Marne, puis est passé par la Lorraine, a, après la signature de l’armistice, pris ses quartiers en région lyonnaise.

Il est affecté au dépôt de ce régiment, nous ignorons l’endroit où il est cantonné.

Le 8 mai 1919 il envoie une carte à son épouse qui est à Limours. ; Il est à Chatillon sur Seine en Côte d’Or.

Le 21 juin 1919 signature du traité de Paix avec les Allemands à Versailles. Entre temps notre grand père a fait un détour par Chatillon sur Seine devant e Château de Marmont Quartier Général de Joffre

Au quartier Dupleix à Paris

Le 5 juillet 1919 le 1er cuirassier devient le 11e cuirassier qui sera appelé le 14 juillet à Paris pour une mission spéciale. Le régiment embarque pour Paris les 8 et 9 juillet en train à la Part Dieu pour débarquer à Bercy-Rapée. Le régiment entier entre au quartier Dupleix. Le Dépôt du 11e cuirassier le rejoint le 16 juillet.

Nous avons une trace du passage au Quartier Dupleix

Son père  Élysée Romain rentré dans Péronne dévasté lui écrit le 10 août 1919,  lui demandant de prendre une permission pour venir l’aider. Voici la carte qu’il lui a adressée :

Péronne le 10 août 1919

Mon adresse

Devraine courriers

Péronne

Mon cher Gustave

J’ai tardé à t’écrire. Je voulais etres à peu près instalais.Le bureau de Postes est rue du Colege en face Normand. Nous somme 4 : l’intérimaire,1 receveur, 2 facteurs et moi. Nous couchons sur une paillace de longe paille. Je ne me suis pas encore désabiller depuis 10 jours. Aujourdhuy je vais avoir ma literie je serais bien couché. Si tu pouvais avoir une permission deux 2 jours tu pourrais venir, sans permission tu ne pourrais venir les Anglais sont difficile ne laisse passer personne sans sauf conduit. J’espère abiter chez nous  ont va bien réparer le zin il l’on enlevez l’on vas maitre du carton bitumer, le bus est loué pour faire du ravitaillement ; Il y a notre chambre à choucher les deux cuisines que l’on peut abiter en haut il y a une seul pièce pour moi la salle à manger de Mr. Nuré que jabiterais sa me sufira ; je ten dirais davantage par la suite.Jai retrouvé notre cuisinière dans un triste état le dessus manque.

Devraine

Le 14 octobre Gustave Devraine est toujours au quartier Dupleix où sa femme Albertine lui écrit être de retour à Péronne (ville en ruines) avec les enfants qui ont toutefois reconnu la maison Rue des Naviages

Gustave Devraine est démobilisé le 29 octobre 1919.

Restitution du cheptel aux puissances alliées de 1920 à 1923

Février 2020 – acceptation de la candidature

Le 14 février 1920 Monsieur Massé président de la Commission supérieure de Restitution du Cheptel  écrit de Wiesbaden  à Gustave Devraine pour lui annoncer que, suite à sa candidature, il est inscrit comme officier Chef de convoi dans une commission de récupération de chevaux. La mission consiste à accompagner chaque train allant de l’Allemagne en France. Le port de l’uniforme militaire en Pays Rhénans est soumis à autorisation. Le rendez-vous est fixé à Wiesbaden le 27 février 1920 jour de départ de la Commission.

Le Traité de Versailles prévoyait des réparations de la part de l’Allemagne. L’Annexe IV partie VIII du Traité de Versailles prévoyait des prestations en nature aux Puissances alliées pour la restauration de leurs régions dévastées.[i] Des difficultés apparurent quant aux modalités de ces restitutions et réparations dès 1920. En 1921 les accords de Wiesbaden (6,7 octobre 1921) concernent entre autres le règlement relatif aux restitutions et livraisons d’animaux au titre des réparations telles que prévues dans le traité.

Le Traité prévoyait pour la France un « acompte » de 30.500 chevaux, 92.000 bovins, 101.000 ovins et 10.000 chèvres. La peste bovine et la fièvre aphteuse en Allemagne compliquèrent la situation. Les Allemands ne voulaient pas céder autant de vaches laitières que prévu de crainte de créer une pénurie de lait pour les enfants allemands.

Les demandes françaises de restitution et réparations étaient les suivantes : 51.669 équidés, 510.000 bovins, 276.835 ovins, 25.165 caprins et 940.000 têtes de volaille.

Le 8 décembre 1920 en accord avec le Gouvernement allemand la Commission présente un programme définitif de livraison pour volailles, caprins et ovins à exécuter sur 4 ans et un programme provisoire s’étendant de février à août 1921 pour chevaux, bovins et ovins.

Pour la France les commandes étaient de : 9.409 chevaux, 43.385 bovins, 37.730 ovins.

Au 7 octobre 1921 un bilan des livraisons prescrites et de celles réalisées fait apparaître un déficit très imposant pour bovins et ovins. Le 23 mars 1922 la Commission des Réparations annule tous les arriérés et notifie à l’Allemagne une 3ème commande exécutoire entre le 1er avril et le 31 décembre 1922 soit : 3.919 chevaux, 201.500 bovins, 107.000 ovins.

Grâce au passeport de Gustave Devraine retrouvé dans les papiers de famille et aux photos de son album nous avons pu tenter  de reconstituer partiellement ses allées et venues entre la France et les Pays Rhénans.

Un extrait du passeport de Gustave Devraine établi dans le département de la Somme, nous permet de suivre ses déplacements dans les pays rhénans au cours de l’année 1921 et de l’année 1922.

Au verso nous voyons notamment qu’au cours de l’été 1921 il passe à Francfort et à Altona où il a déjà séjourné en 1920. Gustave Devraine est à Altona près de Hambourg en mars 1920 et comme à son habitude  il fait un « reportage » sur sa nouvelle mission.. Il photographie le Centre de Rassemblement

Centre de rassemblement
La gare

La commission de Restitution du Cheptel opère à Altona pour la reconstitution du cheptel en chevaux et bovins. En 1920 l’organisation se met en place. La mission ne consiste pas seulement à accompagner le bétail d’Allemagne en France car compte tenu de la fièvre aphteuse qui sévit en Allemagne notamment, il importe de vérifier l’état sanitaire du bétail avant sa réquisition.

La Commission du Cheptel en activité

Le coup d’État de Kapp

Le 13 mars 1920 Gustave Devraine est témoin du coup d’État de Kapp. Kapp faisait partie d’une association nationaliste Alldeutscher Verband qui réclamait la création d’un état allemand regroupant tous les pays germanophones.

Suite à la tentative du gouvernement social-démocrate de dissoudre les corps réactionnaires recrutés pendant la guerre 14-18, le capitaine Ehrhardt et sa brigade ainsi que les partisans de Kapp ont marché sur Berlin et contraint le gouvernement légal à fuir. En réaction le matin du 13 mars 1920 la Confédération générale des syndicats allemands a suivi l’appel à la grève diffusé dans toute l’Allemagne par téléphone et voie de presse et a contribué à la démission de Kapp le 17 mars faisant ainsi échouer le coup d’état.

Voici les clichés pris le 13 mars 1920 à Altona

Au printemps 1920 il est à Güstrow ville du Mecklembourg (Poméranie occidentale) où officient les commissions bovines et ovines. Güstrow est en bordure de la mer Baltique, la région élève particulièrement des vaches laitières.

Les membres de la Commission bovine :

La commission bovine en activité

La commission ovine récupère également des animaux à Güstrow :

Gustave Devraine a séjourné au moins quatre jours à l’hôtel de la Gare de Güstrow comme le prouve la note d’hôtel retrouvée dans ses archives.

A Güstrow avaient été gardés en captivité des soldats français et alliés. Un Monument aux Morts avait été élevé en mémoire de ceux qui ne reverraient pas leur patrie. Les membres des Commissions bovine et ovine ont déposé une gerbe au pied du monument qui leur est consacré.

Les travaux des commissions pour la récupération du cheptel ne se déroulent pas toujours avec la plus grande sérénité.  Nous en avons pour preuve la lettre adressée le 1er avril 1920 par Mr Massé Président de la Commission supérieure de la Commission Supérieure de Restitution du Cheptel au Président de la Commission E suite aux doléances du Président de la Commission Supérieure Allemande qui considère que les normes de choix des animaux sont par trop restrictives

Ce genre de mise au point ne devait pas être très apprécié par les vétérinaires en charge du choix des animaux susceptibles de reconstituer notre cheptel. Il semblerait qu’entre deux sessions des commissions un peu de tourisme ait été possible.

Gustave Devraine quitte ainsi Guströw pour se rendre à Rostock, ouverture sur la mer Baltique. Nous découvrons deux photos prises à Warnemünde

Il prend le ferry-boat à Warnemünde, séjourne à Hambourg, découvre les plages sur les rives de l’Elbe, fait une mini-croisière sur l’Elbe.

Le 16 mai 1921 Gustave Devraine est nommé président de la Commission C 2.

En juin 1921 il est de nouveau à Altona à proximité de Hambourg. Cette fois il ‘agit de choisir des chevaux

Les membres de la Commission C2,
Gustave Devraine à droite
 
Altona printemps 1921

La Commission se rend à Breslau qui, en 1921, est en Allemagne. C’est aujourd’hui Wroclaw en Pologne suite aux accords de Potsdam qui, en 1945, à la fin de la seconde guerre mondiale, ont permis la restitution de cette ville (restée allemande pendant sept siècles) aux polonais, restitution accompagnée de l’expulsion des citoyens allemands qui y vivaient.

1922, intermède pour les membres et leurs épouses

Albertine Devraine vient rejoindre son mari et participe à la croisière organisée pour les membres des Commissions de Récupération du Cheptel. Nous avons retrouvé son passeport, ce qui nous a permis de situer dans le temps son voyage en pays rhénans.


Gustave et Albertine sont assis juste au-dessus des lettres OSSE de GROSSE

Ils séjournent à Francfort où ils se font photographier :

Gustave Devraine et les poilus d’Orient

De retour à la vie civile dans sa ville de Péronne Gustave Devraine, marqué par sa participation à l’Armée d’Orient, anime la section locale des Poilus d’Orient. Trois dates résument les temps forts de son activité : 14 juillet 1933, 14 et 15 avril 1934, 12 juillet 1936. Poète, il retrace en chanson la vie du Poilu d’Orient dès son arrivée à Salonique

A Salonique
Sur l'air de " Petits chagrins"

Sur le quai d’Marseille un beau soir
A son pays on dit : au r’ voir
On est stoïque
On a le cœur un peu ému
Car on s’en va vers l’inconnu
A Salonique

A pein’ monté sur la bateau
Un marin vous montr’ le radeau
Et vous explique
Qu’en route on peut être torpillé
On n’est jamais sûr d’arriver
A Salonique

Pendant l’ voyage on n’est pas fier,
On vomit, on a l’ mal de mer
Et la colique
Au bout d’ six jours on voit au loin
La terre et l’on débarque enfin
A Salonique


On admire le panorama
La Tour blanche, la rue Egnatia
C’est magnifique
On n’ voit que les costumes kaki
Buvant du mastick, du raki
A Salonique

Au camp d’ Zeitenlick le lend’ main
Avec un’ dizaine de copains
Vite on rapplique
On installe sous un marabout
Comm’ lit’ rie un bout d’ caoutchouc
A Salonique

Au bout d’ quelques jours
Devant un major galonné
Dans un’ clinique
On vous vaccine à tour de bras
Contr’ le typhus, le choléra
A Salonique

Souvent dans l’ quartier du Vardar
On s’en va jeter un regard
Très platonique
Mais parfois on est… obligé
On oublie tous les préjugés
A Salonique

Alors on part pour se guérir
Dans les tranchées à Monastir
Ça devient tragique
Sur les Bulgares dans les ravins
On apprend à fair’ des coups d’ main
A Salonique

Le soir au lieu de s’endormir
On pass’ son temps à se couvrir
Pour les moustiques
Et chaqu’ fois que l’on est au r’ pos
On s’ chamaille avec les totos
A Salonique

On a l’ cafard, on n’ sait plus rien,
On est malade et l’on devient
Neurasthénique
On n’ bouff’ que du singe ou du riz,
Des tortues,du macaroni
A Salonique

Surmontant ces inconvénients
Tous les vieux Poilus d’Orient
C’est historique
Sont les premiers qui ont gagné
Malgré qu’on les traitait d’embusqués
A Salonique

14 juillet 1933

Le 9 septembre 1933 Gustave Devraine fait la Une d’un journal yougoslave paraissant à Paris qui relate la cérémonie du 14 juillet 1933 qui s’est déroulée à Péronne en présence du consul général de Yougoslavie Mr Spasojevic accompagné de sa fille. Mr Spasojevic représentait Son Excellence Mr Spalaïkovitch ministre de Yougoslavie en France.

Le 20 juillet 1933 la Gazette de Péronne relatait en détail cette cérémonie.

En début de matinée de ce 14 juillet 1933 la section des Poilus d’Orient de Péronne recevait des mains de Mr Daudré maire de Péronne et au nom du délégué régional de la Fédération des Anciens Combattants d’Orient son nouveau drapeau. A 10 heures les autorités et les sections locales se rendaient à la gare pour accueillir le consul général de Yougoslavie Mr Spasojevic accompagné de sa fille et Mr Lemaire vice-président de la Fédération des A.C.O. de Lille, délégué par la Fédération.

L’harmonie municipale exécuta l’hymne national yougoslave et la Marseillaise.
Le cortège se dirigea vers l’Hôtel de Ville s’arrêtant devant le Monument aux Morts pour le dépôt des gerbes ; par le consul de Yougoslavie ainsi que par le sous-préfet. A l’arrivée à l’Hôtel de Ville décoré aux couleurs françaises et yougoslaves, les autorités et les Anciens de l’Armée d’Orient se dirigèrent vers le salon d’honneur.

Mr Daudré souhaita la bienvenue à Mr Spasojevic qui lui répondit en rappelant combien la Serbie était reconnaissante à la France « venue à son secours dans un moment difficile en créant ce front d’Orient auquel elle doit sa résurrection ». Puis au cours d’une simple cérémonie Mr Spasojevic remit aux anciens de l’Armée d’Orient une médaille commémorative à l’effigie du roi Pierre 1er de Serbie.

A douze heures trente un banquet amical réunissait les A.C.O. dans les salons du traiteur Fourrière-Desailly. Après les toasts portés par Mr Devraine au nom des Poilus d’Orient, par Mr Lemaire au nom de la Fédération nationale des Poilus d’Orient, par Mr Daudré au nom de la ville de Péronne, par Mr Basquin député, Mr le Consul de Yougoslavie exprima de nouveau la reconnaissance de la Serbie à la France et Mr le Sous-Préfet adressa à tous ses remerciements et leva sa coupe aux deux pays toujours alliés, à Sa Majesté le Roi de Yougoslavie et à Mr Lebrun Président de la République.

Mr Vanègue remit alors à M. Le Consul un poème écrit par Mr Devraine et illustré par Mr Routier destiné à être remis à sa Majesté le Roi de Yougoslavie

A la mémoire de Sa Majesté Pierre 1er
A Sa Majesté Alexandre 1er
10 décembre 1916

Après six jours en mer sur un cargo anglais,
Nous étions arrivés le soir à Salonique,
Où nous devions combattre et vivre désormais.
Cette nuit de décembre était vraiment unique,
Une nuit d'Orient douce pour la saison,
Paraissant dédaigner les froidures nouvelles ;
Au loin, les projecteurs balayaient l'horizon,
Et faisaient s'allumer des milliers d'étincelles.
Les mouvements du port s'affirmaient incessants
Les canots se hâtaient au travers de la rade,
Portant des passagers ou des ordres pressants
Et dans l'air attiédi sonnaient leur pétarade.
Débarquant d'un bateau sur un plan incliné
Les hommes énervés proféraient des injures
En chassant devant eux les mulets obstinés
Qui sortaient interdits de leurs cales obscures.

Des Juifs, des soldats grecs, des enfants demi-nus
Erraient le long des quais, scrutant les arrivages ;
Je marchais absorbé, parmi ces inconnus,
Suivant un Turc géant qui portait mes bagages
Je regardais sans voir, le cœur endolori...
Mon âme était ailleurs. Je pensais à la France...
Je revoyais les miens en pays envahi.
Et j'allais dans la nuit, seul avec ma souffrance.

Nous fûmes arrêtés soudain par un convoi
Et je vis se ranger quelques automobiles
Tandis qu'une vedette accostait devant moi ;
Un vieillard se hissait de ses mains malhabiles
Son genou toucha terre en montant sur le quai.
Je me précipitai. Il m'arrêta superbe,
Avec un grand salut, d'un sourire marqué,
Puis tomba dans les bras d'un jeune officier Serbe

Et la foule assistait sans bruit, avec émoi
A cette paternelle et touchante accolade,
Je voulais m'informer lorsque derrière moi
Un nom fut murmuré par quelque camarade ;
Et je compris alors : ce vieillard distingué
C'était SA MAJESTÉ PIERRE ROI DE SERBIE
Son maintien paraissait douloureux fatigué ;
Il souffrait lui aussi de l'invasion subie.
Lui aussi avait vu un ennemi vainqueur
Fouler et saccager le sol de la Patrie
Et nous avions tous deux même blessure au cœur.
Je ressentis alors en mon âme meurtrie
Toute son affection pour l'Armée d'Orient...
Et je surmontais ma détresse passagère ;
Car revoyant soudain son regard souriant
Je me sentis moins seul sur la terre étrangère.

G. Devraine 14 juillet 1933

Notre grand-père Gustave Devraine a reçu, du roi Alexandre 1er, la Croix de Commandeur de l’Ordre de Saint Sava[i] en souvenir du roi Pierre 1er de Serbie et de l’incident survenu sur le port de Salonique, le 10 décembre 1916.

14 et 15 avril 1934

Dans la Gazette de Péronne du 5 avril 1934 était détaillé le programme du Congrès de l’U.N.C[i]. devant se tenir à Péronne les samedi 14 et  dimanche 15 avril 1934.

L’organisation reposait sur huit commissions : presse, logement, réception, cortège et assemblée générale, office religieux, banquet, fêtes et enfin finances.

 Gustave Devraine était président de la commission des fêtes avec comme adjoints Mrs Decaux et Octave Moreau.. Ce congrès de la région Nord faisait une part belle à la section Jeunes de l’U.N.C fils et filles d’anciens combattants. Le congrès s’est terminé par un spectacle de music-hall en plein air avec la participation des clowns musicaux du cirque Medrano dont Mr Devraine avait réussi à obtenir le concours

12 juillet 1936

Voici la photo d’un congrès de Poilus d’Orient qui s’est tenu à Péronne le 12 juillet 1936 en présence de Mr Houbron, consul honoraire de Yougoslavie et du général Marminia..

D’après le Progrès de la Somme des 13 et 14 juillet 1936, « Mr Devraine Commandeur de l’Ordre de Saint Sava de Yougoslavie et Président de la section de Péronne des Poilus d’Orient a lu son poème en patois picard dédié à tous ses camarades P.O. de la région Nord ce qui lui a valu un vivat flamand. »

Poilu d’ Orient
A tous mes camarades P.O. de la Région du Nord.
Pindant tout l’ temps d’ la guerr’, nous eutes,
On étot loin, ch’ n’est po d’ nou feute
Si sur tous chés communiqués
On nous trait’ comm, d’ s’ imbusqués.
Et pourtant on n’ a vu des dures,
On a souffert p’us d’ mill’ tortures.
Nous chés malhéreux gas de ch’ Nord,
Bien souveint on d’mandot la mort
En peinsant à l’ femme à chés mioches
Restés ichi avu chés Boches.
Quand on est sans nouvell’s, sans rien.
Quo qu’ ch’est qu’ l’existenc’ ?… Du brin d’ quien.
Ah ! Oui, on a ieu de l’ misère,
On n’ passot po enn’ journée sans braire.
Mêm’ qu’on n’avot ses yux cassieux !
Couchis à terr’ su’ des cayeux,
N ’pouvant dourmir dans chés tranchées,
On rêvot tout l’ long d’ chés soirées.
On étot maqui à bib’ rons
Des bétails grous comm’ d’ z’ hurlons
Qui piqueint à travers nou c’mise ;
Ch’est ch’la qui donn’ du paludise.
Pindant l’ jour, su s’ pieu, tout partout,
Pour cangi, on cachot à poux.
Feut-ti qu’on so’t dans la débine
Pour eingendrer parell’ vermine !
On meingot comm’ des couchons,
Des teurtues, des grous émuchons ;
Jamo enn’ pov’ tchott’ pométerre,
Rien qu’ de l’ frigo réglemeintaire.

On n’ pouvot mie mingi, parbleu,
De l’ viand’ qui seint, quand i’ fot queu.
Alors avu lu salop’rie,
On attrapot de l’ dysent’rie.
Nou corps étot tell’meint r’ lachi,
Qu’on étot toujours accroupi.
Pourtant dans chés momeints critiques,
On n’ peinsot p’us à ses coliques.
On rablouquot sin patalon
Pour mettr’ baïonnette au canon.
Et v’ là comme on r’poussot dar’dare
En ch’ temps là enn’ attaque Bulgare.
A droète à gueuche on s’est battus,
Des drôl’s d’ noms que je n’ sais p’us ;
Tout ch’ qu’on a fot, je n’ pus po l’ dire,
En y r’ peinsant, des fo’s, j’ soupire
Et j’ mouqu’ min nez tout en brayant.
Mi j’ sus un Poilu d’ Orient.

G. Devraine

Personnes citées

PATRONYMEGRADEARME ou TITREPERIODE
ACQUAVIVALieutenant8e R.I.C.22 déc ; 1916
ALEXANDRE 1er Roi de Yougoslavie14 juil 1933
BASQUIN Député14 juil 1933
BEAU Pierre Poilu  OrientEn 1916
BEAUDOUINAide MaréchalC.V.A.D. 691er août 1914
BÉGARDMaréchal des LogisC.V.A.D. 6917 janvier 1915
BLANCHARD Mme Limours6 octobre 1914
BOISSELLERCapitaine27e Cie 2eescadron train1er août 1914
BOLOTTE MarcelMédecin militaireArmée d’OrientOctobre 1916
BONHOMME C.V.A.D. 699 mai 1915
BOUR Docteur   
BOURGLieutenant-Colonel121e R.I. 
BURNOD Élie ÉcrivainEn 1917
CATHERINEAdjudantC.V.A.D. 691er sept 1914
CHATRYSous-Lieutenant301e R.A.L. 
CHÉRIOTCuirassier  
CHEVALIERChef de Bataillon8e R.I.C. 
COËTLOGON  1er juin 1916
COMBINLieutenantC.V.A.D. 691er nov 1914
CORNET vétérinaire18 oct 1914
DASQUEAspirant 1er janvier 1917
DAUDRÉ Louis Maire de Péronne14 juil 1933
DE BANGEColonelDéveloppeur canons 10515 avril 1934
DECAUX Adjoint à Péronne 
DEHOVELieutenant-Colonel8e R.I.C.22 déc 1916
DELACOURBrigadier Maréchal 9 avril 1915
DELÉTOILECaporal de sectionC.V.A.D. 691er nov 1914
DENELAide MaréchalC.V.A.D. 691er août 1914
DUDOIGNONOfficier d’antenne301e R.A.L.28 juin 1918
DUFLOTBrigadier MaréchalC.V.A.D. 691er août 1914
DUJARDINMaréchal des LogisC.V.A.D. 691er nov 1914
DUMEIGEAide MaréchalC.V.A.D. 691er août 1914
DUPONTMaréchal des LogisC.V.A.D. 6917 janvier 1915
EHRARTCapitaineAssocie Kapp13 mars 1920
ETIENNEOfficier téléphoniste301e R.A.L.28 juin 1918
FOURRIERE-DESAILLY Traiteur à Péronne14 juil 1933
FRENÉEChef de bataillon8e R.I.C. 
GABRIELMaréchal des Logis ChefC.V.A.D. 698 oct 1914
GAVONOrdonnanceC.V.A.D. 691er nov 1914
GELHAYEROfficier d’Administration 1er juin 1916
GIMELCapitaine  
GOHIERBrigadier FourrierC.V.A.D. 6917 janvier 1915
GOUSSARDMaréchal des Logis 9 avril 1915
GUINOTSous-Lieutenant  
HALTÉAide MaréchalC.V.A.D. 691er août 1914
HELIEOfficier d’Approvisionnement301e R.A.L.28 juin 1918
HOUBRON Consul honoraire de Yougoslavie12 juil 1936
JAFFEUX   
JOFFREMaréchal 1918
JOYE Docteur  18 oct 1914
KAPP Auteur coup d’état13 mars 1920
KATZ de WARENSCapitaine8e R.I.C.22 Déc 1916
LEBOUCGénéral16e D.I.C.3 avril 1917
LEBRUN Président République Française14 juil 1933
LEFEUVREOrdonnanceC.V.A.D. 691er nov 1914
LEFÈVREOrdonnanceC.V.A.D. 691er nov 1914
LIMBOURGMaréchal des Logis 9 avril 1915
LOIRÉMaréchal des LogisC.V.A.D. 6917 janvier 1915
MAGNIERAide maréchalC.V.A.D. 691er août 1914
MAHIEULieutenant-colonel301e R.A.L.Oct 1918
MAILLESChef de bataillon8e R.I.C.22 déc 1916
MALOCHARDMaréchal des LogisC.V.A.D. 6917 janvier 1915
MANCASAide MaréchalC.V.A.D. 691er août 1914
MARMINIAGénéral 1936
MARQUETLieutenantC.V.A.D. 691er nov 1914
MAS-LATRINgénéral 1er sept 1914
MASSESénateurCommission récupération cheptel14 février 1920
MAYETMédecin A.M. 1ère classe301 R.A.L.28 juin 1918
MELOTTE Alfred  9 mai 1915
METTERNICHSecrétaire approvisionnement 9 avril 1915
MEYERCapitaine 1er juin 1916
MEYER Boulanger Fère en Tardenois 
MONCOURT Étienne  1er juin 1918
MOREAULieutenant 1er mars 1917
MOREAU Octave Adjoint à Péronne15 avril 1934
MORELOrdonnanceC.V.A.D. 691er nov 1914
MOUCHOTAide MaréchalC.V.A.D. 691er août 1914
NITZER Gaston Poilu OrientEn 1916
 PASSET Péronnais 
PÉNAVERTAumônier121 R.I. 
PERRINOrdonnance  
PIERRE 1er de Serbie Roi de Serbie10 déc 1916
PUIFOULLOUX   
QUÉLINLieutenant27e Cie 2eescadron train1er août 1914
RAYMONDSous-Lieutenant301e R.A.L. 
ROUTIER Illustrateur14 juil 1933
ROUXSous IntendantCommission récupération cheptel1er avril 1920
SAINTMARTINMaréchal des LogisC.V.A.D. 6917 janvier 1915
SAVYColonel16e D.I.C.27 déc 1916
SOUFFLET C.V.A.D. 6927 nov 1914
SPALAIKOVITCH Ministre de Yougoslavie14 juil 1933
SPASOJEVICConsul de Yougoslavie 14 juil 1933
TOUILLARD Mme Faverolles8 oct 1914
VANEGUE  14 juil 1933
VANGAISMaréchal des Logis 9 avril 1915
VOINOTChef d’escadron301e R.A.L.28 juin 1918
VOURDONLieutenant8e R.I.C.25 déc 1916
WAMBERGUELieutenant27e Cie 2ème escadron train1er août 1914
WARINMaréchal des LogisC.V.A.D. 6917 janvier 1915
WETZELLieutenant 1er juin 1916

Lieux cités dans le document

LIEUX citésDATES
ALTONA13 mars 1920
AMIENS1er août 1914
ANGLURE5 sept 1914
BÂLE23 novembre 1914
BARENTON BUGNY15 août 1914
BAUZÉ28 juillet 1918
BEUGNEUX14 octobre 1914
BEZONVAUX1er décembre 1917
BLIGNY15 septembre 1914
BOIS FIRMIN10 septembre 1918
BOIS SAINT PIERRE3 mars 1918
BOUCHY LE REPOS10 septembre 1914
BOUJACOURT14 septembre 1914
BRECY 
BRESLAUEn juin 1921
BUCY LE LONG14 août 1914
CAMP de BOIS LE COMTEEn septembre 1918
CAMP de CHÊNE GOSSINEn décembre 1917
CASERTA16 mai 1917
CASSANDRE8 mai 1917
CERNY les BUCY28 août 1914
CHAMBRECY30 septembre 1914
CHASSEMY31 août 1914
CHATEAU THIERRY18 octobre 1914
CHATILLON sur SEINEEn juillet 1919
CHAVIGNON URCEL14 août 1914
CLERMONT en ARGONNE31 août 1918
COINCY9 mai 1915
COL de la VRATTA10 avril 1917
CORFOU11 mai 1917
COULONGES15 septembre 1914
COURMONT1er septembre 1914
COURVILLES16 septembre 1914
DAMERY1er octobre 1914
DERCY16 et 17 août 1914
DONRÉMYEn avril 1918
DORMANS22 septembre 1914
 DOUAUMONTEn mars 1918
DRIENCOURT23 novembre 1914
EKSISOUEn mars 1917
EPERNAYEn mars 1916
ERLON19 août 1914
ÉTANG de VAUXEn octobre 1918
FAVEROLLES8 octobre 1914
FÈRE en TARDENOIS16 novembre 1914
FLORINAEn avril 1917
FONTAINE sous MONTLIGNON8 septembre 1914
FOUCAUCOURTEn mai 1918
FRANCKFORTEn mai 1920
FROIDESTRÉES23 août 1914
GERMIGNYEn juillet 1916
GORSKOEn avril 1917
GOUSSANCOURT20 septembre 1914
GÜSTROWEn avril 1920
HAMBOURGEn mars 1920
HAUTION21 et 22 août 1914
ILE de MILO9 mai 1917
JAULGONNE2 septembre 1914
JONQUERY13 septembre 1914
JUBÉCOURT29 juillet 1918
LA HAYE23 novembre1914
La NEUVILLE aux LARRIS13 septembre 1914
La PATTE d’Oie en ARGONNEEn octobre 1918
La QUEUE au BOIS9 septembre 1914
La VALBONNEEn novembre 1916
LAUSANNE23 novembre 1914
Le BREUIL2 septembre 1914
Le NOUVION24 août 1914
Le POULDUEn septembre 1916
LESCHELLES25 août 1914
LIHONSEn mai 1918
LILLE14 juillet 1933
LIMOGESEn septembre 1916
LIZY sur OURCQEn juin 1916
MAAST16 février 1915
MAASTRICH23 novembre 1914
MACLAUNAY12 septembre 1914
MAISON du VALEn juin 1917
MARGIVAL30 août 1914
MONASTIR20 juin 1917
MONDRECOURT25 juin 1918
MONTMIRAIL2 septembre 1914
NAPLES16 mai 1917
NAVARIN10 mai 1917
NEGOKANI15 avril 1917
NESLE4 octobre 1914
NEVESKAEn avril 1917
NUBÉCOURTEn décembre 1917
OSTROVO1er janvier 1917
OULCHY la VILLE2 novembre 1914
OULCHY le CHÂTEAU1er novembre 1914
PARIS quartier DUPLEIX5 juillet 1919
PAROIS1er septembre 1918
PASSY GRIGNY25 septembre 1914
PÉRONNE1er septembre 1914
PLESSIERS HULEU19 octobre 1914
PLEURS4 septembre 1914
PONTARLIER23 novembre 1914
QUIMPERLÉ1er mars 1916
REIMSEn mars 1916
RESNAEn avril 1917
ROME16 mai 1917
ROMILLY7 septembre 1914
RONCHERES26 août 1914
ROSTOCKEn juin 1921
SAINT FUSCIEN2 août 1914
SAINT GEMME21 septembre 1914
SAINT GILLES17 septembre 1914
SAKULEVO8 avril 1917
SALONIQUE10 décembre 1916
SEMLIEn avril 1917
SLIVIKA9 avril 1917
SOIGNY3 septembre 1914
SOISSONSEn septembre 1914
SONS26 août 1914
SPANTZA4 janvier 1917
SAINT GENEST8 septembre 1914
ST MARTIN de BOISSENAY5 septembre 1914
St PIERRE AIGLE6 octobre 1914
TARENTE14 mai 1917
VANNES5 septembre 1914
VARNEY23 juin 1918
VERDUNEn septembre 1918
VERRIAEn avril 1917
VERSAILLES21 juin 1919
VERTEKOP29 décembre 1916
VIEUX VEZILLY20 septembre 1914
VINTIMILLE18 mai 1917
VIOLAINES16 février 1915
VIVAISES27 août 1914
VLADOVO30 décembre 1916
VRAINCOURT19 juillet 1918
WARNEMÜNDEEn avril 1920
WIESBADEN27 février 1920
WROCLAWEn juin 1921
YENIDGE VARDAR28 décembre 1916
ZABJANI14 mars 1917

itinéraire du retour Salonique – Limours

Traversée de Thessalonique (Grèce) à Tarente (Italie)

Départ de Thessalonique le 8 mai 1917, arrivée à l’île de Milos le 9 mai,  passage à Navarin (Pylos) le 10 mai.

Le 11 mai escale à Corfou  puis après avoir longé la côte albanaise arrivée à Tarente à la pointe sud de l’Italie le 14 mai 1917