Chansons en français 

La vie Péronnaise par Gustave Devraine

Travaux de Marie-Paule METAYER-DEVRAINE et Dominique CLINCKX-DEVRAINE

PICARDIE, MA PETITE PATRIE

Ma Picardie

Chanson – auteur Gustave Devraine

O mon pays, lorsque je vois
Ton ciel brumeux, tes champs, tes bois,
J’éprouve une fierté soudaine
Et dans la campagne sereine,
J’entends un appel ancestral
Monter vers moi, du sol natal.
Je tressaille et je m’extasie
En contemplant ma Picardie.

Malgré tes horizons sans fin
A peine vallonnés au loin,
Avec orgueil je te regarde,
O plaine, ma plaine picarde.
Quand le soleil de Messidor
Fait miroiter les épis d’or,
Je sens ta richesse infinie
Et j’aime ta monotonie.

Notre Somme coule et s’étend,
S’insinue parmi les étangs.
Paresseuse et lente, son onde
Autour des roseaux, vagabonde.
J’aime entendre son chant si doux,
En cheminant sous la verdure,
C’est en patois qu’elle murmure.

La guerre a passé par ici,
Voyez partout les murs noircis.
Ils ont connu, tous nos villages,
Les invasions, les pillages.
Mais notre plaine a reverdi,
Nos cœurs blessés ont refleuri
Et dans la campagne nouvelle,
Demain la moisson sera belle.

Gustave Devraine parlait « de sa petite patrie » dont il était le chantre, défendant avec ardeur son patois du Vermandois.

L’essentiel de son œuvre en picard a été regroupé dans « Chés boudaines bleuses » ouvrage édité par Ch’Lanchron en 2004.

Né à Driencourt il a vécu ensuite à Péronne, participant activement à la vie locale ; vétérinaire en activité il parcourt la campagne picarde notant les particularités de cette langue picarde si directe et imagée.

Plus tard, l’heure de la retraite venue, il s’intéresse à l’histoire de la région et dans le cadre des Rosati picards donne de nombreuses conférences.

La Somme

Chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air de : Le Lac de Niedermeyer

Ô ! Fleuve méconnu, ô Somme poissonneuse,
Suis ton cours éternel jusqu’au bout de la mer ;
Abrite sous tes flots la gent marécageuse ;
Nourris-la dans ton sein, l’été comme l’hiver.
Ô Somme ! Ô joli fleuve aux riants paysages,
Ton onde lentement s’écoule en long ruban.
Tu quittes, tu quittes à regret l’étang
Pour cet inconnu qu’on nomme océan !
Tout le long de ton cours croissent les hautes herbes,
Et dans l’été, les fleurs poussent dans les roseaux
L’œil est émerveillé de tes sites superbes
Où chantent les oiseaux.

Ô Somme ! Tes marais, le calme de ton onde
Font renaître en mon cœur plus d’un doux souvenir,
Tu fis de mon pays cette terre féconde
Où j’aime à revenir
Cette terre féconde où j’aime à revenir.

Ô Somme, tu connus le vieux SOBOTECLUSE
Et tu vis repousser plus d’un terrible assaut,
Lorsque nos aïeux pointaient leur arquebuse
Et repoussaient NASSAU
Pointaient leur arquebuse et repoussaient NASSAU.

Dis, te rappelles-tu ce jour d’été splendide
Nous glissions sur les flots, sans penser au retour
Loin de tous les regards, ta pauvre âme candide
M’avoua son amour
Ta pauvre âme candide m’avoua son amour.

Ma mie, ah ! Je le sais, tout s’émousse dans la vie
Moi qui t’aime pourtant, tu me trouves rasoir.
Nous n’irons plus cueillir, tu n’en as plus envie
Nénuphar et brousoir
Tu n’en as plus envie, nénuphar et brousoir.

La Somme à Péronne – photo Max Devraine

Chanson de Sainte Radegonde

Chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air de : Au clair de la lune de Paul Marinier

                                Duo

O joli village de Sainte Radegonde
Près de nous, perdu sur les bords de l’onde
A quoi rêves-tu ?
Est-ce au besoin de rapprocher le monde
O joli village de Sainte Radegonde

Je rêve que l’ chemin du Cam est foutu
Que j’ s’rai toujours un villag’ perdu
Car on n’ comblera jamais cette lagune
Du ch’min d’ la Demi-Lune.

O village où règne la solitude
Dans les longues soirées de l’ hiver rude
A quoi rêves-tu ?
Crains-tu que l’ on vienn’ troubler ta quiétude
O village où règne la solitude ?

Je rêve au moyen d’avoir un chemin
Qui me rapprochera d’ Péronne, c’est certain ;
Et tout cela sans donner une tune
Pour l’ chemin d’ la Demi-Lune.

Mon Péronne

Chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air de  » l’auberge du cheval blanc  » – tango « pour être un jour aimé de toi « 

Quelquefois devant les eaux tranquilles
Je pense à tous les vieux remparts
Qui faisaient si jolie notre ville
Et des pleurs voilent mon regard
Pont-levis, poternes, vieilles portes
Ce sévère appareil guerrier
Donnait à l’ancienne place forte
Un certain charme singulier

Refrain

Je vois toujours les anciens murs
Le Marais..... , la Couronne
Ces bastions, ces abris obscurs
C’est tout mon vieux Péronne
Avec les enfants en long cortège
Je me revois, dans ce décor
J’entends la cloche du Vieux Collège
Qui semble m’appeler encor.
Tristement mon âme vagabonde
Évoque les anciens sentiers
Les bancs discrets du chemin de ronde
A l’ombre des verts marronniers

Refrain

Ô le beau rêve qui m’enchante
Ô jeunesse qui chante
Comme autrefois vous voici
Songes bleus, sortant de l’oubli.

photo Gustave Devraine – 1ère Guerre Mondiale

La chanson de Péronne

chanson – auteur Gustave Devraine sur l’air de « ma Normandie »

                           I
Vieille ville de Picardie
Dont le passé fut glorieux
Tu vis la guerre et l’incendie
Frapper souvent nos bons aïeux.
Salut à toi, ville chérie
Ville que j’aimerai toujours
Fière cité de Picardie
C’est ici que je veux finir mes jours.
II
Les grandes villes trop bruyantes
N’ont pas pour moi l’attrait si doux
De tes collines verdoyantes
De tes marais peuplés de houx.
Lorsqu’à rêver je m’abandonne
Mon âme, à toi pense toujours.
Je crois revoir mon beau Péronne
Où je reviens heureux, finir mes jours.
III
En été sous les frais ombrages
A l’abri du brûlant soleil
J’écouterai les gais ramages
Que dit l’oiseau dès son réveil.
En mon plumard, lorsque je pionce
Toujours je songe au temps jadis :
Je crois revoir mon beau Quinconce
Où tout jeune, je jouais au tennis
IV
Quand les gels d’hiver ont en somme
Cristallisé l’eau des étangs
On voit tout le long de la Somme
Les grands oiseaux s’ébattre en rangs
Et cette charmante Couronne
Endroit béni du patineur.
Nulle ville ne vaut Péronne
C’est le lieu où l’on trouve le bonheur.


Valse péronnaise

Chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air de « Rêve de Valse » -1945

Il est une petite ville
Une ville au site enchanteur
Dont la douceur calme et tranquille
Respire la joie et le bonheur.
La Somme lentement s'écoule
Semble dormir dans les étangs
Les roseaux bercés par la houle
S'inclinent gracieusement.
Sur les eaux que la brume argente
Le paysage est endormi
Et seule une blairie serpente
Parmi les nénuphars fleuris.
Ville chérie
Ville d’amour
Cité bénie
Où chaque jour
Passe et s'écoule
Dans la gaîté.
Le flot qui roule
Est absorbé
Dans le silence
De la cité.
L'insouciance
Et l'amitié
Caractérisent
Sa bonne humeur
Et réalisent
Tout son bonheur.
Ville divine
Son nom résonne
On le devine
Et c'est Péronne !

Péronne la nuit

Chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air « les crapauds »

La soirée s’achève
La lune se lève
Et dans un beau rêve
Péronne s’endort
La nuit est bien sombre
Mais dans la pénombre
Seules quelques ombres
S’attardent encor
Lampes étiques
Feux électriques
Semblent d’antiques
Quinquets démodés.
Leur lueur vaine
Eclaire à peine
La nuit sereine
C’est l’obscurité.

Sur l’Hôtel de Ville
Une lune brille
Le cadran scintille
Sans rien éclairer
Saint-Claude relance
Par intermittence*
Avec insistance
Un hôte égaré.
Rue des Naviages
Un blanc corsage
Fuit l’éclairage
Craint d’être surpris
Et un solitaire
En grand mystère
S’en va derrière
La rue Saint Fursy

Un coin dans la ville
Derrière une grille
Un chien s’égosille
En longs hurlements
Faubourg de Bretagne
Un couple qui gagne
Un coin de campagne
S’embrasse en marchant

La nuit propice
Se fait complice
Fait les délices
De tous les amants
Car sur la route
On n’y voit goutte
Et c’est sans doute
Pour leur agrément.

Dans la solitude
Selon l’habitude
Voici des voix rudes
Qui crient ça et là
Puis une cohue
Envahit la rue
La foule éperdue
Sort du cinéma.

Sur la Grand Place
Les autos passent
Les phares tracent
Des rais dans la nuit
Un enfant baille
Un autre braille
Et la marmaille
Dans l’ombre s’enfuit.

Alors sur Péronne
La Madelon sonne
Tinte et carillonne
Le calme est complet.
Troublant mon audace
Chez lui Monsieur Dace
Tire ses volets.

Allons de suite
Rentrons bien vite
La nuit m’invite
A me reposer
Car mes paupières
Semblent de pierre
Fuient la lumière
Allons-nous coucher.

Péronne – La Couronne – 1931 – photo Max Devraine

Les jolis coins de chez nous

chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air de  » A l’auberge du cheval blanc »

Autour de Péronne on voit des coins charmants
Cléry et ses étangs
Sormont, Feuillères.
Les roseaux jaunis qui forment des îlots
Se mirent dans les flots
De la rivière.

Refrain

Ô les jolis coins des environs
Ô les charmants horizons
Il semble que la nature
Les ait dotés d’une parure
Dans le ciel gris si beau, si doux
Une brume poétique
Donne une allure romantique
A ces jolis coins de chez nous.

II
De l’autre côté c’est le Mont Saint-Quentin
Entre Bussu et Doingt
Le bois de Rocogne
Où l’on cueille au printemps le joli muguet.
Puis le ruisseau coquet
De la Cologne.
Refrain
Ô les jolis coins des environs
Ô les charmants horizons
Il semble que la nature
Les ait dotés d’une parure
Dans le ciel gris si beau, si doux
Une brume poétique
Donne une allure romantique
A ces jolis coins de chez nous.