Péronne Yoyotte

La Chanson du YO-YO

chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air de « Frou Frou » – 1932

Nos mamans jouaient au diabolo
Qu’elles lançaient avec adresse
Mais qu’est-ce donc que le yo-yo :
Une toupie qu’on tient en laisse.
Voyez…il descend…halte là
Câlin il remonte…il me frôle
C’est un beau papillon qui vole
Il fuit, il revient, il s’en va

Refrain
Yoyo,yoyo
C’est une bagatelle
Yoyo,Yoyo
Une mode nouvelle.
Yoyo,Yoyo
Comme une ritournelle
Vas crescendo
Gentil petit Yoyo.

Mais ce petit jeu innocent
De l’amour, n’est-il pas l’emblème
Avec un plaisir ravissant
On fait tourner celui qu’on aime.
Le cœur épris est un yoyo
Un joujou que l’on tient en laisse
Qu’on le taquine ou qu’on le blesse
Il fuit, mais il revient bientôt

Au Picardy

Chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air de « C’est mon jour de veine »

L’autr’ soir ma femm’ dit : Ugène
Comm’ t’as fait un’ bonn’ semaine
Nous irons au cinéma
C’est un’ soirée de gala
On joue « L’ Grand-Père orphelin »
Un grand drame américain
Tu verras, c’est épatant
Paraît qu’on y pleur’ tout l’ temps
Nous prendrons pour être bien placés
Des plac’s à quatr’ francs su’ l’ côté


Mes amis (bis) c’est moi qui vous l’ dis
V’ nez au Ci (bis) néma Picardy

A huit heur ‘s et d’ mie tapant
Su’ l’ trottoir en attendant
Il nous fallut fair’ la queue
Enfin, j’arriv’ tout joyeux.
Assis, derrière un’ glace
V’ là qu’ j’aperçois Monsieur Dace
J’i’ d’ mand’ deux plac’s, i’ m’ répond
« Jé n’ai plus qu’une place au fond,
Dit’s à mon femme un peu plus loin
Dé donner un strapontin

Mes amis (bis) c’est moi qui vous l’ dis
V’ nez au Ci (bis) néma Picardy

Le spectacle est commencé
V’ là les actualités
Une musique infernale
A faire crouler toute la salle
Mon voisin me dit tout bas
Ça c’est du grand opéra !
Vous verrez à cett’ séance
Les coureurs du Tour de France
En fait d’coureurs, ça c’est crevant
Je n’ai vu qu’ du noir sur du blanc

Mes amis (bis) c’est moi qui vous l’ dis
V’ nez au Ci (bis) néma Picardy

Enfin voilà le grand drame
Un monsieur avec un’ dame
Avaient l’air de s’ disputer
Mais comm’ ils parlaient du nez
Je n’ comprenais rien du tout
Et j’ rigolais comm’ un fou.
Près de moi, ma femme en pleurs
Disait : tu n’es qu’un sans-cœur.
Et v’là c’ que j’ai vu ce soir là
Jouer au Picardy-Cinéma

La Légende du chauffage central

Chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air de « La Mascotte »

Un architecte ivre d’orgueil
Choisit un jour une chaudière
Comme si l’ charbon était à l’œil
Pour chauffer toute la ville entière.
Mais sans avoir aucune chaleur
On brûla cent tonn’ s d’anthracite
Hélas ! Tous les radiateurs
Gelaient d’une manière insolite.

Les Collégiens, les employés
Furent retrouvés frigorifiés
Et le Conseil plein d’inquiétude
S’ mit à l’étude

On assigna l’entrepreneur
Et deux experts vinrent à Péronne
Qui déclarèrent en connaisseurs
Que l’installation était bonne.
Un jour enfin, on s’aperçut
Qu’on avait monté à la place
D’un fourneau à feu continu
Un’ machine à fair' de la glace.

On démonte, on remonte
Et ce bel exploit nous coûte
Sur les Finances de la Ville
Quéqu’s billets de mille.

Péronne s’éveille

chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air de « Aubade,  Musique d’Audran »

Le matin ensoleille
D’un éclat ravissant
Les roseaux des étangs
Et Péronne s’éveille

I

Décor magnifique
Le moyenâgeux
Château historique
Paraît tout joyeux.
Ce coin est en fête
Au Cam, les oiseaux
Chantent à tue-tête
Et les poules d’eau
Cherchant leur pâture
Sillonnent l’étang.
Toute la nature
Sourit gentiment.

II

Déjà sur la Somme
Le soleil brillant
Se reflète comme
Un cercle d’argent
Et les hirondelles
Saluant le jour
Font à tire- d’aile
Leurs savants contours.
Bientôt sur la Place
Tous les magasins
Cafés et terrasses
S’animent enfin.


Le Fort Caraby – photo Dominique Clinckx-Devraine

Les lampes axiales

chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air de « Au bois de Boulogne »

Le Conseil nous a fait cadeau
D’un éclairage a giorno
Qui remplace les vieux falots
Les lamp’ s murales.
Avec leurs globes en clinquant
En éclairant vertical’ ment
Ell’ s font un effet épatant
Les lampes axiales

Les autos, l’ soir, rue Saint Sauveur
Devant c’t’éclairag’ tentateur
Press’ nt un peu l’accélérateur
Ça c’est fatal
Si bien qu’ dans la rue Saint Fursy
On est effrayé, ahuri
On rentr’ chez soi et l’on maudit
Les lampes axiales

Elles n’ont presque rien coûté
On parl’ d’un’ vingtain’ de billets
On ajout’ ra sur le budget
Quelqu’ s décimales
Et si l’ contribuabl’ se plaint
On lui répond qu’ dans notr’ pat’lin
Elles éclair’ent dans tous les coins
Les lamp’s axiales.

A Péronne on sera débrouillard
Paraît qu’dans deux ans au plus tard
On va éclairer les boulevards
De feux d’ Bengale
Et les touristes épatés
Viendront voir cette nouveauté
On f’ ra r’ vendr’ par Mr Sené
Les lampes axiales.

Complainte de Charles le Simple

chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air de « Le sire de Framboisy « 

Guet-apens péronnais : Capturé en 923 par Herbert II de Vermandois qui l’avait attiré à Péronne sous prétexte de médiation, Charles III dit Le Simple, végéta dans le château jusqu’à sa mort  le 7 octobre 929. Walter Scott dans Quentin Durward évoque cette péripétie, optant pour une mort du roi par empoisonnement.. Le roi fut inhumé en l’église de Saint-Fursy aujourd’hui disparue.

Oyez, Madame, le malheureux récit
D’un roi de France qui vint mourir ici.
Avec ma femme, m’ennuyant à Paris,
Dis à Ogive : m’en vais voir du pays.
Pardieu, fit-elle, que votre Seigneurie
Aille à Péronne, visiter Saint Fursy !
Pour faire la route, au garage avais pris
Mon beau carrosse et m’en fus vers Saint-Denis
En arrivant tout près d’Eterpigny
Dans un virage, rencontre un vieux taxi
C’était Herbert le seigneur du pays.
Il t’ nait sa gauche, crac le v’là embouti !
Et quand j’ voulus r’ prendre le train pour Paris
Jusqu’à la gar’ , deux archers m’ont suivi,
Dessus la paille, sept années j’ai moisi !

Complainte de Marie Fouré ( ou l’héroïne populaire)

chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air de  » C’est pour mon Papa »

Marie Fouré ou Catherine de Poix aurait, lors du siège de Péronne par l’armée de Charles-Quint en 1536, précipité du haut des remparts un espagnol et se serait emparé de l’étendard qu’il brandissait pour marquer la prise de la ville. Ce geste lui valut des privilèges accordés par François 1er à elle et à sa descendance pour avoir donné la victoire à la ville.

L’héroïne populaire, c’est moi Marie Fouré
J’ vas vous raconter
C’ ment qu’ c’est arrivé
Un beau soir, comm’ j’ m’ prom’ nais sur les remparts
Un Espagnol avec un étendard
Du haut de son échelle
Me fait signe et m’appelle.
Il me dit : mon p’ tit loup
Et m’offre quarant’ sous !

Je m’ dis : toi mon vieux
T’es bien généreux
Tes manières civiles c’est pour prendre la ville
Mais il me faut user de malice !
J’lui dis : attendez que je vous hisse
Vous êtes un héros !
Il m’ pass’ son drapeau
J’ l’attrape par le bout
Et je lui en fous
Comm’ il était tout seul
Un grand coup sur la…tête
V’là comm’ j’ai sauvé
Péronne en danger

Imprécations de Louis XI

chanson – auteur Gustave Devraine –

Le 14 octobre 1468, le roi Louis XI pris au piège de Péronne dans lequel il s’était lui-même fourvoyé, dût accepter toutes les conditions de Charles le Téméraire qui, en position de force, l’obligea notamment à participer au châtiment de ses alliés les Liégeois.

Péronne, unique objet de mon ressentiment
Péronne où j’ai subi ce dur emprisonnement,
Que le courroux du ciel épouse ma vengeance
Et de ses propres mains détruise votre engeance !
Puissent les ennemis ensemble conjurés
Saper les fondements de tous les Péronnais.
Je revois le château et ses sombres murailles,
Ah ! Ah ! Je ris joyeux devant cette pierraille !
Maintenant, dans les fossés, l’été on joue Carmen
Et sur le pont-levis j’abrite ma Citroën !

Complaintes de Louis XI

chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air de « Lettres à L’ancienne »

Maudit soit le jour où je vins à Péronne
Voir le Téméraire pour parler de paix,
J'ai bien manqué d'y perdre ma couronne
En prêchant aux autr's : il faut décamper.
Pendant le banquet v'là qu'on téléphone
Que les gens d'Liège s'étaient révoltés.
Alors Charles s'écri' : Vit' qu'on l'emprisonne
C'est lui qui a payé les insurgés !

Duo de Louis XI et Charles le Simple

chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air de « Les Saltimbanques »

Louis XI : 
Le temps de nos misères
Ne saurait s'effacer
je souhaite notr' calvaire
A tous les Péronnais

Charles :
Voilà que tu ronchonnes
C'est un malentendu
Je veux que tu pardonnes
Il le faut ! Que veux-tu !

Ensemble :
C'est nous les deux rois prisonniers de Péronne
C'est nous les deux souverains que l'on rançonne
C'est nous les pauvres rois qui fûmes privés
Ici même de notre chère liberté !

A la manière de Dominique Bonnaud 

chanson – auteur Gustave Devraine

Le 27 février 1927 Gustave Devraine créait le Radio-Club péronnais.

Chers Auditeurs, chères auditrices

Au micro de Radio-Péronne
En ce jour, j’arrive en personne
Oui, moi, Dominique Bonnaud
Chansonnier en chair et en os.
Mon hebdomadaire chronique
Laissant le genre satirique,
Vous présentera cette fois
Quelques chansonniers d’autrefois
Dont la noble gloire scintille
Dans l’histoire de notre ville.
Je veux évoquer aujourd’hui
Le vieux couvent des Sans-Soucis,
Monastère où l’on fait ripaille
Où chacun à l’envi rimaille,
Paysans, ouvriers, bourgeois,
Bien dignes d’être Montmartrois,
Cénacle où l’on chante après boire
Entre le fromage et la poire.
Péronnais, debout, saluez,
Voici Pierre- Jean Béranger

A Béranger :
A vos pieds, la chanson moderne
Montmartre en entier se prosterne

Béranger :
Ô ma ville, presque natale
Je ne revois plus
L'auberge de l'Epée Royale.
Qu'est donc devenu
A Flamicourt près de la place
Le tilleul ancien
L'enseigne à l'inscription bonasse ?
Il ne reste rien !
Où sont les anciennes fredaines
Les joyeux buveurs ?
Pardonnez cette plainte vaine
D'un mauvais rimeur
Qui déjà vieux, toujours chansonne
Mais je te revois
Parlons de toi, Péronne
Parlons de toi.


Duo Dominique Bonnaud , Hector Crinon

Dominique Bonnaud

Remplaçant Quénescourt, Lainé
A ce banquet des chansonniers
Il nous manque encore un convive
Poète à l'âme primitive
Dont les satires en patois
Nous ont fait rire maintes fois.
Rimant, sculptant le cœur candide
Et l'escarcelle toujours vide.
L'artiste, le bon compagnon
C'esst notre ami Hector Crinon !

Hector Crinon :

Mes amis ,ch'est bien troup d'honneur pour mi !
J'erviens toujours à Péronne vouli,tchi
Mais j'voes béqueu troup d'mond'et j'sus timide.
Je n'sus po rich' je n'sus q'un pov lapide
Faseu d'canchons pour amuser les geins
Varlet, laboureur pour gagni min pain.
J'ai écrit des poésies, des satires
J'étot artist' par plaisi, ça j'pus l'dire.
Mes amis ont fo m'célébrité
Et j'écrivot rien pour les continter ;
Mais dans ches cataux comm' dans chés chaumières
On parl' ed Crinon ch'poêt' à rouillère.

Dominique Bonnaud :

Mais il nous faut une grisette
Entrez donc charmante Lisette.
Et vous chansonniers péronnais
Gais compagnons dont les essais
Furent parfois des coups de maître
Vous êtes dignes des ancêtres
Artistes du couplet, Rouhier
Fasol, Ancelin,et Fournier
Nous avons marqué votre place
Parmi le monde où l'on rêvasse.

Le Rallye Ballon

chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air de  »  Sérénade de Severo Torelli »

Le jour du Rallye-Ballon
A l’entrée de la ville
Les concurrents en station
Attendaient tranquilles
Quand on cria : lâchez tout
Le ballon s’ libère
Il s’en allait n’importe où
Dans la stratosphère.

Vers Rocogn’ les v’ la partis
Chacun grimp’ la côte
Gonnet doublant ses amis
Se r’ tourne et capote
De Fesquier très emballé
Passant les ornières
Jurait de le rattraper
Dans la stratosphère.

Régnier tout près d’Hargicourt
Heureus’ ment débute
En courant dans les labours
Trouv’ un parachute
C’était l’ numéro zéro
Hélas ! Not’ libraire
N’a pu rapporter qu’ la peau
De la stratosphère.

Le ballon filait au loin
Tous les parachutes
Faisaient la joie des gamins
Qui suivaient leurs chutes
Tandis que les concurrents
Perdus en arrière
Étudiaient tous les courants
De la stratosphère

Beaucoup réussirent à rentrer
Après bien des luttes
Sans avoir pu rapporter
Aucun parachute
D’autr’s ne rentrèr’ ent pas du tout
P’ t’ êt’ qu’ils s’égarèrent
Dans les délic’s de Capoue
De la stratosphère

L’Femm’ sans tête

chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air de « Le Pendu »

chanson en Picard du Vermandois

A Péronne in allant à l’ fête
J’ai dépeinsé en’ piéch’ vingt sous
Pour aller vir el femm’ sans tête.
Si j’ vous l’ racont’ ch’est inter nous.
Mon Dieu ,quo qu’ch’est qu’in voet à ch’ t’heure,
Sur en’ grand’ taff’, figurez-vous
Un bieu corps d’femm’ pour seure
Coupé tout net à sin gaziou.

On voyot qu’al étot vivante
Al ’ f’sot marchi ses bras, ses piis
Et des tchott’s manièr’s caressantes
Comm’ si al’ voulot s’émouqui
J’peinsos si m’ femm’ din nou ménage
Avot en’ tell’ infirmité
J’ n’el souhait’ po, ché s’rot bien damage
Mais tout d’mêm’ qué trinquilité !

Ah ! Si j’avos en’ femm’ sans tête
A n’ pourrot pu dir’ « grand couchon ! »
Jé’ n’ s’ros pu jamo traité d’ bête,
On s’intindrot à nou mason !
En rintrant j’ n’éros pu d’erproches
A n’ sérot jamo l’heur’ qu’il est,
A n’ pourrot pu cherchi din mes poches
Pour truver l’argeint qu’ j’ai muché.

Mais comm’ a n’ érot po d’ visage
Avu ch’ l’intonnoir à sin cou
J’ li f ’ros avaler sin bruvage
J’el tourtoun’ros, j’in s’ros fin fou.
Je l’mettros su’ sin dou, su’ s’ panche
Et toujours, comm’ in dit ichi,
Al érot s’ figur’ d’al Dimanche
Chaqu’ fo que j’ vouros l’imbrachi !

Si m’ pov’ femm’ al perdot la vie,
Un jour ou l’eutr’ on put moerir,
S’i’ feut remplachi SIDONIE
Pour m’ermarier, j’ vux bien quésir
Oh ! Ch’queu là j’en preindrai en’ muette
Pou’ n’ pu einteindr’ d’ discussions,
J’ m’en irai truver l’ femm’ sans tête
Et je s’rai l’ moèt’ à nou mason.

Satire sur les Imbarrateus

chanson – auteur Gustave Devraine –

chanson en Picard du Vermandois

D’ puis la guerre, on cro’rot qu’ chés geins
Sont dév’ nus fin fous d’ lu argeint ;
Ch’ est à ch’ ti qui f’ ra étalage
D’ ses sous in moutrant sin plémage
Et tout l’ mond’ vut s’ foèr’ ermerqui.
L’ sam’di à Péronn’ , su’ ch’ marchi,
Chaqu’ censii n’ sérot v’ nir à l’ ville
Qu’ avu en’ belle automoubile ;
Comme in dit quitt’ fo, chacun vut
Péter in l’air pu heut qu’ sin cul.
R’ beyez marchi chés bell’ s mamselles,
Avu lu coursag’ s ed dintelles,
Lu tchou soulés à heuts talons,
Tourdant lu piis din chés moélons !
On crorot des jon’ s ed maguette
Quand i’ font leu tchott’ s perleuettes.
A l’ mason, al mett’ nt des chabous
Et n’ ont p’ t’ êt’ po d’ c’ mis’ din leu dou.
Ch’ est comme à ch’ t’ heur’ din chés moénages,
Pour s’amuser, qué gaspillage !
I’ sont au cabaret tout l’ temps,
Béqueu, sans s’ foèr’ ed’ mauvais sang.
Pour dépeinser lu s’ main’ d’avanche.
S’ in vont au Cinéma l’ dimanche.
Tous chés jôn’ s, on les met couchi
Comm’ des poul’ s qu’on va ajouqui.
Oussitout déhors de s’ cambuse
Chacun rit et chacun s’amuse.
Mais à quo bon vous préchi ch’ là,
D’ min temps ch’ étot déjà comm’ na !

Les Économies

chanson – auteur Gustave Devraine – sur l’air  » La bonne aventure « 

On a bien recommandé
Dans toute la France
Des mesur’s pour relever
L’état de nos finances.
Comme on n’ peut rien prendre aux Boches
Il faut prendre dans nos poches
Nos économies
Ô gué
Nos économies

Pour équilibrer l’ budget
De l’année dernière
Les Ministres ont fait voter
Mesur’ salutaire
Et ce fut un beau succès
La conversion qui permet
Des économies
Ô gué
Des économies

A la Chambre des Députés
La chos’ n’est pas sûre
Paraît qu’on va supprimer
Tout’ s les sinécures
On mettra des figurants
Pour faire dorénavant
Des économies
Ô gué
Des économies

On dit qu’ dans tous les Bureaux
Les gros fonctionnaires
Seront réduits à zéro
Comm’ des prolétaires
Pour caser ces dignitaires
On créera un Ministère
Des économies
Ô gué
Des économies

Les Percepteurs furibonds
Avec leurs grands livres
Viendront dans tout’ s les maisons
Pleins de savoir-vivre
Si vous êtes trop dépensiers
Ils pourront vous imposer
Des économies
Ô gué
Des économies

Au premier rang de gauche à droite Geneviève, Marguerite et Anne-Marie Poncet-Douchet.

Au 2ème rang assises  Raymonde Guerault, Odette Hainaut, Andrea Berthet, Marie-Louise Sallé et Francine Fournier

Au 3ème rang debout X, Paule Bourgeois, X, Georgette Bourgeois, Jeanne Devraine

Au 4ème rang Charles Cazé, Marc Fournier, M. Piazza, Max Devraine, M. Ramon, Alfred Hainaut.

Gazette de Péronne 1934